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Inégalité salariale homme-femme : Peut-on améliorer la situation?

Inégalité salariale homme-femme : Peut-on améliorer la situation?

Malgré de solides progrès accomplis, des lacunes persistent concernant la parité homme-femme dans la société mauricienne. Les derniers chiffres des Gender Statistics, publiés par Statistics Mauritius la semaine dernière, brossent un tableau assez positif de la femme. Les chiffres parlent notamment de la meilleure performance des filles au niveau académique et indiquent également que les femmes occupent des postes de hautes responsabilités au sein de la fonction publique. Toutefois, le rapport évoque aussi une inégalité au sujet du salaire homme-femme. Les femmes perçoivent un salaire inférieur à Rs 5 500 comparativement aux hommes. Le salaire moyen des hommes est de Rs 22 300 alors que celui des femmes se situe autour de Rs 16 800.

Maya Hanoomanjee, présidente du Gender Caucus affirme qu’une étude a été entreprise au sein du service public et le rapport indique qu’il n’y a aucune disparité entre les hommes et les femmes, concernant le salaire. Elle explique que toutes les femmes ont la possibilité de postuler à tout poste qui se présente et elles peuvent bénéficier du même salaire que les hommes.

« Il n’y a pas de gender gap » que ce soit en termes de salaire, emploi ou traitement envers les femmes au sein de la fonction publique, laisse-t-elle savoir.

Cependant, Maya Hanoomanjee déclare qu’au niveau du privé, il y a peut-être des inégalités. Elle ajoute qu’une étude est en cours au niveau du privé et que le rapport sera prêt dans environs deux mois. Elle déclare que « s’il s’avère que la femme n’est pas considérée au même statut que l’homme, le Gender Caucus entreprendra alors des mesures pour réduire l’écart ».

Le Gender Caucus fera de son mieux pour qu’il y ait le moins de disparité possible dans le privé, nous explique-t-elle.

Pour Anushka Virahsawmy, directrice de Gender Links, c’est un sujet qui a été évoqué depuis longtemps. Elle explique qu’il y a en effet une disparité au niveau des salaires.

Selon la directrice de Gender Links, il est louable qu’un tel rapport ait été rendu publique « parski ena dimunn pa kroir ». Selon elle, il faut cependant analyser les raisons derrière une telle disparité entre le salaire des hommes et celui des femmes. « Il faut voir où se situe vraiment l’écart au niveau de l’emploi », fait-elle savoir.

Toutefois, elle affirme que ce problème se situe plus au sein du secteur privé qu’au niveau public. « N’oublions pas qu’il y a le Pay Research Bureau (PRB) au sein de la fonction publique ».

Elle parle aussi de la situation au privé où les femmes sont, selon elle, stationnaires alors que les hommes sont plus souvent promus.

Anushka Virahsawmy est d’avis qu’il faudrait revoir la situation au sein du secteur privé.

Pour Megha Venketasamy, Life coach et Facilitator, ce problème d’inégalité salariale existe non seulement à Maurice mais au niveau mondial. Elle explique que lorsqu’une femme à son HSC ou son diplôme en poche, elle débute au même statut qu’un homme. Cependant, elle souligne que le problème commence lorsque la femme à des opportunités de promotion au sein de l’entreprise.

Elle affirme que l’année dernière le salaire moyen d’une femme était Rs13 300 contre Rs17 900 pour l’homme. Selon elle, les femmes qui occupent des postes de hautes responsabilités sont considérées comme des « survivantes ».

« Elles travaillent pour pouvoir survivre au sein de la compagnie, mais elles ont la plupart des fois aucun confort au sein de l’entreprise ».

Pour Megha Venkatesamy, nous évoluons dans une société patriarcale où women will have to prove their worth.

Elle ajoute que 85% des hommes ont plus de chances d’évoluer en tant que cadres supérieurs. Il y a également plus de 60% des femmes, qui, à 60 ans perçoit toujours un salaire inférieur. Elle explique aussi qu’il y a des entreprises qui prônent la parité des genres mais que ce n’est qu’un eyewash.

Elle estime que la seule solution est « l’éducation ».

« Je concède qu’il y a un système patriarcal », nous lance Megha Venkatesamy. Cette dernière évoque aussi que la majorité des entreprises auxquelles évoluent les femmes, leur salaire de base est moyen. Elle cite entre autres, le secteur de la santé.

D’autre part, elle souligne qu’il n’y a peut-être pas de disparité hommes-femmes dans la fonction publique, mais, qu’il y a une discrimination par rapport aux promotions. Elle est d’avis que la discrimination est due au « triple burden », soit due au fait que les femmes ont plusieurs rôles à jouer dans la société, en tant qu’épouse, mère entre autres.

Tania Diolle, politologue, mentionne pour sa part, un rapport sur l’Egalité des genres qui avait été rendu publique. Le rapport faisait mention que les low skill jobs étaient occupés majoritairement par les femmes. Elle évoque également le secteur privé où les salaires ne sont pas similaires pour le même travail entrepris. Tania Diolle parle de l’Equal Opportunity Act qui n’a jamais été mise en application par les ministres.

La politologue parle elle aussi des différents rôles de la femme au sein de la société et de ses pressions familiales. « Ce sont les raisons pour lesquelles les femmes n’arrivent pas à trouver un emploi à plein temps », fait-elle savoir.