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Affaire Sunkai : 2013- 2018, doubler son dépôt ou doubler d’inquiétude ?

Affaire Sunkai : 2013- 2018, doubler son dépôt ou doubler d’inquiétude ?
Affaire Sunkai : 2013- 2018, doubler son dépôt ou doubler d’inquiétude ? Bimla Ramloll Cette habitante de Pointe-d’Esny, âgée de 46 ans, dirigeait une école de maternelle

Affaire Sunkai : 2013- 2018, doubler son dépôt ou doubler d’inquiétude ?

Bimla Ramloll
Cette habitante de Pointe-d’Esny, âgée de 46 ans, dirigeait une école de maternelle à Quatre-Bornes. Bimla Ramloll, est toutefois plus connue sous le nom de « Madame Cabas », surnom dû certainement au nombre de délits qu’elle a commis. Entre fraude, vol, blanchiment d’argent, la dame a plus d’un tour dans son sac… ou son « cabas ».

La propriétaire de trois appartements à Quatre-Bornes, Flic-en-Flac et Blue-Bay avait fait une tentative de vol dans une bijouterie à Rose-Belle. Celle, qui a été aussi conseillère à la municipalité de Quatre-Bornes en 2007, s’est vite retrouvée dans une affaire d’abus de pouvoir pour l’octroi d’étal maraichers. De plus, Bimla, de même que son mari Mohit Ramloll, s’étaient retrouvés dans une affaire de blanchiment d’argent après avoir acheté un terrain de 365 mètres carrés, valant Rs2, 6 millions, à Sodnac.

Affaire Sunkai
L’affaire Sunkai éclate au grand jour en mars 2013. La compagnie Sunkai Ltd, basée à la rue Vandermersch à Rose-Hill proposait de doubler l’argent de ses investisseurs en quelques mois seulement. Plusieurs personnes y investiront leur argent de dur labeur dans l’espoir de le voir doubler. Toutefois, n’ayant pas de licence du Financial Services Commission (FSC) la compagnie se retrouve vite dans les limiers des autorités. Plusieurs personnes portent plainte et Bimla est arrêtée pour blanchiment d’argent le 31 juillet. 900 personnes, qui y ont investi leur économie- acquise au prix de dur labeur – ont été victimes de cette fraude, estimée à Rs768 millions. Les avocats Kaviraj Bokhoree, Nawaz Dookhee, Eassen Soobramanien et Neeven Mooneesamy font partie du panel d’avocats des victimes.

Toutefois, l’avocat de Bimla Ramloll, Me Youssouf Mohamed avait affirmé que le contrat signé par les investisseurs faisait mention d’un investissement et qu’à aucun moment il était question de doubler des fonds.

En aout 2017, Bimla avait accepta de rembourser Rs16 796 000 à 148 personnes. Le lundi 23 juillet 2018, elle accepte, devant la cour Suprême, de rembourser les 900 victimes. Rs475 millions sont toujours gelés dans cette affaire. Toutefois, l’exécution du jugement se fera après que tous les cas se seraient entendus en cour.

Selon l’avocat Ritesh Ramphul, les lois doivent être absolument revues à Maurice. « Maurice connait de plus en plus de délits modernes de nos jours. De ce fait, notre système judiciaire doit être adapté à ces types d’offenses. »

Selon la section 333 (1) du Criminal Code

« Toute personne qui détourne, dilapide ou détruit ou tente de détourner, de gaspiller ou de détruire au préjudice du propriétaire, du possesseur ou du titulaire, de toute marchandise, argent, objets de valeur, sécurité, facture, acquittement ou autre document contenant ou créant une obligation ou une décharge, qui a été livré à cette personne simplement dans la poursuite de tout bail ou location (‘louage’), dépôt (‘dépôt’), mandataire, nantissement, prêt à usage (‘Prêt à usage’), ou pour tout travail avec ou sans promesse de rémunération à la condition que le même soit retourné ou produit ou utilisé ou employé dans un but spécifique, est puni d’une peine d’emprisonnement et d’une amende n’excédant pas 100 000 roupies. »

Ainsi, Me Ritesh Ramphul explique que dans ce cas précis, les acquis de Bimla Ramloll seront évalués et seront utilisés pour le remboursent des victimes de ce scandale. Toutefois selon l’avocat « tous les éléments de ce cas doivent être regroupés avant qu’une décision ne soit prise. »

Me Ritesh Ramphul explique que l’accusée peut s’en sortir si elle parvient à rembourser les 900 personnes et qu’au cas contraire elle peut déclarer banqueroute.

Autre hic, le jugement pour ces types d’affaires peut prendre des années. Dans ce cas précis, si les victimes entretemps décèdent, ce sont leurs héritiers qui bénéficieront de cette somme, en cas de remboursement.