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Comportement de nos parlementaires : Honorables ou voyous ?

Comportement de nos parlementaires : Honorables ou voyous?
Parlement-2018

Nos politiciens se croient-ils au-dessus de tout le monde? Les frasques de nos parlementaires, que ce soit du côté du gouvernement ou de l’Opposition, n’en finissent décidément pas. Leurs comportements à l’intérieur et en dehors de l’hémicycle sont souvent indignes pour qu’ils méritent la qualification “honorable membre”. Jurons, accusations, gestes obscènes, il ne manque plus que des coups pour que la boucle soit complète.

  • Sudhir Sesungkur, ministre de la Bonne gouvernance et des Services financiers s’est retrouvé encore une fois à la Une des journaux, non pas pour les actions en terme de bonne gouvernance, mais sur une allégation d’agression. Il y a eu d’autres parlementaires qui ont été mêlés aux scandales, d’accidents etc.
  • Au final, le peuple finit par se demander si on a affaire à des “honorables ou voyous’ ? Nous avons posé la question à un ancien président de la République de Maurice, à un ancien Speaker de l’Assemblée nationale, le Deputy Speaker aussi bien qu’à un ancien ministre.
  • Pour Bobby Hurreeram, qui vient d’être nommé Deputy Speaker, lorsqu’on parle de comportement, il ne faut pas s’arrêter aux incidents liés à Sudhir Sesungkur. Selon lui, tout débute à l’intérieur de l’hémicycle. Il souligne qu’il y a aussi le comportement de la personne en public et « vis-à-vis de sa conscience ».

Bobby Hurreeram ajoute également que les parlementaires sont des Honourable members. 

« Li ena enn travay pou fer lor liem ek vis-à-vis so prop konsians »,

fait-il comprendre.

Le Deputy Speaker fait aussi savoir qu’il n’est pas question de code de conduite, mais il est plutôt question d’éthique et de valeur personnelle.

Cassam Uteem, ancien président de la République de notre pays pense que les Honourable members de l’Assemblée Nationale doivent avoir un code de conduite.

« Un parlementaire doit savoir quel genre de conduite adopter vis à la population ». Cassam Uteem parle ici de « conduite respectueuse ».

Pour l’ancien président de la République, tout n’est pas permis pour nos parlementaires.

Il commente également l’affaire de l’agression alléguée à l’encontre d’un caméraman.

« Si c’est vrai, cela s’avère grave », lance-t-il.  

  • Pour Bashir Khodabux, ancien parlementaire, il faut avant tout remonter à la source de ce type de comportement. Il est d’avis que c’est le choix des candidats qui est la source des problèmes.
  • L’ancien ministre pense que c’est une leçon à retenir pour chaque parti politique.

« Il faut faire le choix du candidat de la meilleure façon possible »,

soit, selon le profile, la capacité, l’intégrité, le comportement et compétence de l’individu. Bashir Khodabux ajoute que la personne doit pouvoir connaître les rouages de l’Assemblée nationale. Selon lui, un intellectuel ou un académique n’est pas forcément un bon parlementaire. Il est d’avis que la personne idéale devrait être un « homme cultivé ». Faisant référence aux frasques des certains parlementaires, il se demande si ces personnes ont un sens de principe ou de valeur ?

Pour lui, lorsqu’un parti politique choisit une personne susceptible de représenter les citoyens au Parlement, il devrait impérativement avoir des qualités dignes d’un parlementaire.

« Il doit avoir des idées solides et devrait être quelqu’un de méritant en terme de comportement entre autres »,

soutient Bashir Khodabux.

Ajay Daby, ancien Speaker de l’Assemblée nationale, affirme pour sa part que, le choix du candidat pour les législatives n’est pas synonyme de la culture politique de la personne.

Selon lui, la politique de Maurice nécessite de politiciens ayant une vraie culture politique.

« C’est cet aspect qui définit un homme cultivé ».

Il estime que quelqu’un peut bel est bien avoir un diplôme mais la culture ne se reflète pas dans le diplôme.

L’ancien Speaker parle aussi de consensus dans l’intérêt du pays. Il souligne que « pour avoir consensus, il faut avoir le respect pour soi aussi bien que pour l’autre ».  Ajay Daby explique qu’il faut avoir un certain dégrée d’austérité, de rigueur et de formalité. Cependant, pour lui, la formalité s’est aujourd’hui transformée en vulgarité. Evoquant les frasques de nos parlementaires, il souligne qu’il ne faut pas fausser le débat. « Il y a eu des cas extrêmes dans le passé », rappelle-t-il. Cependant, il explique qu’il y avait du retenu auparavant et « qu’on parlait de bonnes choses sur les parlementaires », alors qu’aujourd’hui tel n’est pas le cas.

Il pense que les parlementaires sont sous les feux des projecteurs et le devoir d’avoir un peu de retenu doit être sur une base permanente. «

«Le plus petit détail peut devenir un gros morceau » nous dit Ajay Daby « On ne peut être un Honourable member au Parlement et être dishonourable lors d’un mariage », nous lance

Ajay Daby.