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Dhiren Moher salue l’effort d’Anwar Husnoo…

Dhiren Moher salue l'effort d'Anwar Husnoo...
Dhiren Moher, président de PILS

PILS salue l’annonce du ministère de la santé de délocaliser la distribution du programme de substitution à la méthadone.

Le jeudi 2 août, le ministre de la santé, Dr Anwar Husnoo a annoncé la délocalisation de la distribution de méthadone des postes de police, qui ne sont pas appropriés pour ce traitement. Selon lui, les services pourraient être redirigés vers les centres de santé publique. Cette décision a été accueillie très positivement par PILS (Prevention Information Lutte contre le SIDA).

« Pils et so bans partenaire saluer decision du ministre kuma nou konné dépi longtemps ti donne  méthadone dans la cour la police. Ca ti en barriere car beaucoup ti senti zot derange pou fer enn traitement dans bans stations. Dans aucun pays du monde pas traite dimoune dans station de police. C’est enn grand decision ça montré que le ministre konne le probleme de ca traitement la et li konne probleme de la drogue », nous lance Dhiren Moher, président du Pils.

Dhiren Moher est catégorique : « ministre la santé inn fer enn grand zeffort et mo salué so décision… alors li pou bon ki bans dimunn ki sous traitement de méthadone zot osi zot fer enn zeffort suivre le traitement sérieusement. »

Depuis la décentralisation du programme en 2015, PILS et ses partenaires ont constaté l’inefficacité de cette mesure et n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme sur les répercussions néfastes de cette décision, comme la stigmatisation des personnes qui prennent la méthadone. En effet, les nouvelles infections au VIH ont augmenté de 31 % en 2014 à 38,6 % en 2017, soit 3 ans après que les programmes de réduction des risques (RdR) aient été remis en cause par le Ministre de la Santé. De plus, 40% de nouveaux cas de VIH ont été détectés de 2015 à 2017.

Pourtant, face aux risques d’infection au VIH et aux hépatites virales, les outils de RdR ont fait leur preuve : les programmes de méthadone et le programme d’échange de seringues (PES) ont conduit à une diminution de plus de 60% du taux d’incidence du VIH parmi les personnes qui s’injectent des drogues à Maurice. Au cours de la même période, une baisse de 60% de la criminalité a été observée de 2007 à 2012.

A Maurice, le taux de VIH/SIDA est concentré parmi les populations clés. Il est donc possible de contenir l’épidémie et d’atteindre l’objectif zéro nouvelle transmission d’ici 2030. Cet objectif ne peut se réaliser que si les personnes les plus exposées ont accès au dépistage, au traitement et aux soins de qualité et aux outils de RdR.

A cet effet, nous accueillons favorablement la démarche du ministère de la santé et sommes d’avis que celle-ci a le potentiel d’ouvrir la voie à une réelle réflexion avec tous les acteurs concernés, dans le but d’améliorer les programmes de RdR afin que ceux-ci correspondent aux besoins des personnes qui ont une consommation problématique des produits psychoactifs.

Un changement de paradigme et une approche holistique centrés sur les évidences et les droits humains sont primordiaux si nous voulons mettre fin aux épidémies du VIH et aux Hépatites virales.

Dhiren Moher salue l’effort d’Anwar Husnoo…