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«Mon ultime but en instituant cette commission d’enquête était de laver mon honneur»

«Mon ultime but en instituant cette commission d’enquête était de laver mon honneur»
L'ancienne présidente, Ameenah Gurib-Fakim fait son entrée en Cour Suprème, cet après-midi pour sa 2e audition.

Lors d’une audition marathon d’une durée d’une heure et quarante minutes dans le box, l’ancienne présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim a relaté de manière chronologique les événements qui ont résulté à sa démission de la State House avec en toile de fond, l’affaire Alvaro Sobrinho et l’utilisation d’une Platinum Barclaycard avec un plafond d’un million de roupies à des fins personnelles. C’était lors de la commission d’enquête présidée par le Puisne Judge, Asraf Caunhye et ses deux assesseurs, les juges Nirmala Devat et Gaitree Jugessur-Manna, à la salle d’audience No 4, de la Cour Suprême, ce 21 août.

L’ancienne présidente est revenue sur les tractations politiques et les conseils légaux, l’incitant dans un premier temps à instituer une commission d’enquête et visant à la faire partir du Réduit dans un deuxième temps. «Mon seul et ultime but en instituant cette commission d’enquête était de laver mon nom et mon honneur», a-t-elle déclaré à la commission.

Au tout début de cette séance, le juge Caunhye lui a dit qu’elle a déjà commencé à donner des «évidences» depuis la semaine dernière et qu’aujourd’hui, elle allait poursuivre sa déposition par rapport aux séquences des faits, menant à sa démission. Asraf Caunhye lui a demandé de commencer à partir du 28 février 2018, date à laquelle, les premières fuites, relatives à ses dépenses à travers de cartes bancaires ont été publiées dans la presse et d’aller jusqu’au 18 mars, date de sa démission.

Suite à la publication de ses achats dans la presse, Ameenah Gurib-Fakim a confié qu’elle était surprise, et dit avoir téléphoné à l’Attorney-General pour lui demander de venir la rejoindre, mais que celui-ci lui avait fait remarquer qu’il était pris !

«J’ai téléphoné au Premier ministre qui m’a confirmé que l’Attorney-General était pris. Je lui ai envoyé une lettre dans l’après-midi. Et la presse a récidivé avec ses articles», a souligné l’ex-présidente.

Elle a déclaré que lors de sa rencontre hebdomadaire avec le Premier ministre, d’une durée de 40 minutes, elle lui a montré l’article en question. Elle a dit avoir expliqué le contexte au Premier ministre. «Entre 2016-2017, j’avais fini de démissionner du Planet Earth Institute (…) Je n’ai pas donné tous les détails de mes remboursements au PEI au Premier ministre. Au fait, j’ai tout remboursé en mars 2017», a-t-elle expliqué.

Par la suite, elle a dit avoir eu des pourparlers avec Lady Jugnauth et le ministre Mentor lors d’une fonction officielle. Au ministre Mentor, elle a rappelé de lui avoir dit : «I don’t owe anything to any one.».

Dans un autre volet de son audition, l’ex-présidente a, également, rappelé d’avoir eu des rencontres avec le Deputy Prime Minister, Ivan Collendavelloo et le Premier ministre. Elle a laissé entendre que le Premier ministre lui a demandé de soumettre sa démission. Elle a soutenu d’avoir répondu : «I will never resign. Please proceed with the tribunal.»

En marge des célébrations marquant le 50e anniversaire de l’Indépendance, Ameenah Gurib-Fakim a révélé de n’avoir pas été invitée à une fonction.

Par ailleurs, l’ex-présidente a dit avoir eu des rencontres avec Me Yousouf Mohamed, l’avoué Gilbert Noël et Gavin Glover. Compte tenu de la tournure des événements, elle a confirmé que ce sont Mes Yousouf Mohamed et Gavin Glover qui lui ont conseillé de démissionner, vu qu’elle a institué une commission d’enquête. Cela d’autant plus que le Premier ministre lui a écrit pour lui dire qu’elle a enfreint la clause 64 de la Constitution.

Lors de l’audition du jour, le représentant du Managing Director de la Barclays Bank, Jason Nundoosing a, également, été entendu. Les travaux de la commission Caunhye ont été ajournés à jeudi 23 août.

Me Hervé Duval, assisté de Me Yanilla Moonshiram, a formulé une demande au président de la commission, Asraf Caunhye de partir à 15 heures, le 23 courant, vu qu’il doit se rendre à Rodrigues pour défendre une affaire en cour et qu’il sera de retour durant le week-end. Le juge Caunhye a accédé à sa demande.

 

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