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La difficile réinsertion des ex-prisonniers

La difficile réinsertion des ex-prisonniers
Melrose High Security Prison

Après la prison, le processus de réintégration des ex-détenus dans la société dépend de plusieurs facteurs. Cependant la marge est infime pour l’ex prisonnier entre récidive et réinsertion. La balance penche, dans la majorité de cas, vers la récidive, qui semble la solution la plus facile pour les anciens taulards, devant des réticences de la société de les intégrer. Il est bien vrai qu’il y a un sentiment d’insécurité au sein de la société mauricienne. Une peur légitime, prenant en compte le nombre de cas d’agression en tout genre qui ruinent le quotidien de Mauriciens. Dans ces ciconstances, comment un ex prisonnier peut-il récupérer sa place dans la société qui s’est mise en mode défense ? Quelques éléments de réponse avec Hanson Mungrah, secrétaire de la Prison Officers Association…

Selon ce dernier, « dans la plupart de cas, ce sont les familles qui ne parviennent pas à accepter de nouveau l’ex-détenu ». Il explique que la vie future de l’ancien détenu est largement affectée dans la majorité de cas. « La réinsertion de la personne reste difficile », ajoute-t-il.

Hanson Mungrah avance que le système carcéral à Maurice n’est pas propice à la réinsertion des détenus dans la vie civile. « A Maurice, certains prisonniers commettent des délits, uniquement pour aller de nouveau en prison. C’est comme-ci, ils ont la garantie d’avoir de quoi manger et que leurs familles bénéficient d’aides financières. Déjà cette catégorie refuse eux-mêmes leurs réintégration dans la société ».

Le motto des prisons mauriciennes étant « un pays plus sécurisé à travers les meilleurs mesures correctionnelles », Hanson Mungrah est d’avis que des mesures correctives doivent être implémentés. Et ce, pour que les prisonniers ne retournent pas dans l’univers carcéral et qu’ils entament une nouvelle vie au sein de la société. « Il faudra mener des suivis psychologiques et criminologiques auprès des détenus. Je pense aussi que des ONG doivent organiser des causeries pour sensibiliser le public. »

La difficile réinsertion des ex-prisonniers
Jackie Kamanah est d’avis que les détenus n’ont pas de deuxième chance au sein de la société mauricienne. (photo/source : TPE )

D’autre part, Jackie Kamanah, ex-secrétaire de la Prison Officers Association, est d’avis que les détenus n’ont pas de deuxième chance au sein de la société mauricienne. Autres facteurs qui empêchent les détenus de se réinsérer dans la société est le certificat de moralité.  « L’ex détenu ne possèdant pas ce certificat de moralité peut difficilement trouver un emploi. Ce qui fait qu’il est quelque part contraint de se tourner vers ses vieilles habitudes pour subvenir à ses besoins. C’est un cercle vicieux. »

Que propose Jackie Kamanah pour contourner les problèmes liés à la réhabilitation des ex-taulards ? « Mettre sur pied des centres de réhabilitation avec des objectifs précis ».

Les derniers mots iront au prêtre Swami Satyakam Ananda Saraswati. « Je crois en une deuxième chance. L’erreur est humaine. Ce sont aux organisations sociales, aux autorités et aux associations religieuses de prendre en main la réhabilitation et réinsertion de ces personnes. Mais tout devra commencer par la famille de ceux qui reviennent après un séjour en prison, de débuter la ré-éducation»

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