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Le ‘dangereux’ métier de receveur de bus

Le 'dangereux' métier de receveur de bus
Les cas d'agression sur les receveurs de bus prennent l'ascenseur

La sacoche ou la vie ! Pour le commun des mortels le choix ne se fait pas. On file la sacoche, aussi simple que cà. Mais pour le receveur, c’est toute la recette de la journée dont il est question. Un dilemne, désormais un choix pour les 7 000 employés du transport public. La multiplication des agressions sur ces employés du transport public devient inquiétante. Le dernier cas en date, en avril, a vu un receveur de l’United Bus Service être agressé à hauteur du cimetière St Martin. Une situation qui interpelle les autorités, d’où la mise en place d’une unité, la police du Transport, composé de neuf éléments, qui sera déployée sur certaines gare routière. Est-ce suffisant face à la convoitise que peut représenter (pour certains) la sacoche du receveur ?

La police du Transport, très sollicitée depuis plusieurs jours, a été mise en opération depuis le 18 février pour assurer la sécurité des 7 000 travailleurs de transport public. Les policiers seront postés principalement sur les gares routières de la capitale. Ce service de sécurité sera étendu vers d’autres régions, soit à Bambous, à Albion et à Baie-du-Tombeau, dit-on.

Autre mesure qui pourrait réduire des cas d’agression sur les receveurs de transport public est le Cashless Bus Ticketing System. Ce système vise à réduire la circulation de l’argent liquide dans les bus, qui attise la convoitise des assaillants.

La police du Transport, très sollicitée depuis plusieurs jours, a été mise en opération depuis le 18 février pour assurer la sécurité des 7 000 travailleurs de transport public

Commentant sur ces mesures, Alain Kistnen de l’Union of Bus Industry Workers, affirme que plusieurs éléments doivent être pris en considération pour une meilleure condition de travail pour les receveurs et les chauffeurs de bus. Il préconise, notamment, l’amendement des législations, une présence régulière des policiers sur nos routes ainsi que dans les transports publics, la mise sur pied d’un système de coffres-forts dans les bus.

Alain Kistnen est d’avis toutefois que l’introduction du Cashless Bus Ticketing System, n’aura pas d’incidence notable sur le nombre d’agressions. « Les malfaiteurs changeront de cibles et s’en prendront au public, vu que les receveurs n’auront plus d’argent sur eux . Je suis d’avis qu’une présence renforcée de la Police du Transport est hautement requise dans les autobus », avance-t-il.

Ainsi, une réunion sera organisée ce jeudi 30 août au siège du Bus Industry Employees Welfare Fund à Helvetia. Les membres de l’Union of Bus Industry Workers comptent venir à l’avant avec des propositions pour un meilleur système de sécurité pour les employés du secteur du transport.

Agression de Bewsan Babajee

Les membres de l’Union of Bus Industry Workers comptent venir à l’avant avec des propositions pour un meilleur système de sécurité pour les employés

Pour comprendre ce phénomène qui prend de l’ampleur à Maurice, on s’est tourné vers Bewsan Babajee, receveur de bus, qui relate l’incident au cours duquel il s’est fait agresser sur le trajet de Beau-Bassin- Rose-Hill. « Il était environ 15 heures lorsqu’un groupe de sept personnes, soit six hommes et une femme ont pris le bus à Beau-Bassin. Ils ont refusé de payer leur ticket. Arrivé à la gare de Rose-Hill, je faisais un refill. A un certain moment, un des hommes a voulu attraper ma sacoche contenant la recette.

La femme m’a agressé au cutter et j’ai été touché. J’aurais pu y perdre la vie, car la plaie était assez sévère. »

Depuis cet incident, Bewsan Babajee soutient que la situation s’est, dans une large mesure, aggravée. « Receveurs et des chauffeurs de bus sont des métiers à haut risque. Je pense que des policiers devront être présents dans les bus pour assurer la sécurité des travailleurs aussi bien que pour celle des passagers ».

Ce sera donc aujoud’hui qu’on sera fixé sur les propositions qui vont venir de la part de ces chauffeurs et receveurs de bus.

Le ‘dangereux’ métier de receveur de bus