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Inde : «La décolonisation demeure incomplète aussi longtemps que les Chagos ne sont pas restitués»

Inde : «La décolonisation demeure incomplète aussi longtemps que les Chagos ne sont pas restitués»
Le représentant de l'Inde, Venu Rajamony, lors de son intervention à Cour Internationale de Justice, ce matin

Lors de son intervention au Palais de la Paix, à la Haute Cour Internationale de Justice, et après-midi, l’ambassadeur de l’Inde aux Pays-Bas, Venu Rajamony a soutenu : «La décolonisation de Maurice demeure incomplète aussi longtemps que les Chagos ne sont pas restitués» Il a maintenu que la souveraineté des Chagos continue d’appartenir à Maurice.

Au début de son intervention, Venu Rajamony a souligné : «C’est un grand honneur pour moi de représenter l’Inde devant la Cour Internationale de Justice. Cette Cour a été consultée pour donner un avis général sur l’Archipel des Chagos»

L’Ambassadeur de la Grande Péninsule aux Pays-Bas a tenu à préciser que tous les détails figurent dans le rapport écrit. «La décolonisation de Marice a-t-elle êté menée à bien au regard du Droit international, suite au démembrement des Chagos en 1965 et à l’Indépendance de Maurice en 1968», s’est-il demandé.

Tout en mentionnant plusieurs résolutions, dont 1514 en 1965, 2066 en 1965 et 20237 (20 décembre en 196)6, Venu Rajamony a affirmé qu’en marge de la mise en place d’une base militaire aux Chagos, l’Archipel était détaché de Maurice par le biais d’un accord entre Maurice et le Royaume Uni.

«En sus des échanges sur l’utilisation des Chagos, il y a eu des indemnisations, le droit de pêche, l’exploitation des ressources minières et le retour à Maurice quand ce ne sera plus nécessaire», a expliqué l’ambassadeur de l’Inde. Il a souligné qu’à maintes reprises, Maurice a insisté qu’il faut lui rendre les Chagos quand les îles ne sont plus requises.

Il a rappelé que Maurice s’est saisi de la CIJ le 28 février 2018 en vue de l’obtention d’un avis consultatif. A cet effet, il a souligné que plusieurs questions ont été soumises à la Cour, notamment des aspects historiques (statut de l’Archipel des Chagos…) et d’autres mesures appropriées, nécessitant un avis consultatif.

«La Cour en élaborant sur son avis devrait analyser certains facteurs, plus particulièrement d’établir à qui appartient l’Archipel des Chagos. L’analyse des facteurs, à notre sens,  doit s’associer à la colonisation de Maurice», a-t-il argué. Il a insisté sur l’analyse des faits de l’Archipel des Chagos, à l’ère coloniale et post-coloniale. «Force est de constater que les Chagos ont toujours fait partie du territoire mauricien, selon les termes de l’accord de novembre 1965», a-t-il dit.

Pour ce qui est de la restitution des Chagos, Venu Rajamony a affirmé que Maurice en a formulé la demande au Royaume Uni (RU).  «Même si le  RU n’a fixé aucune échéance pour le faire, il est un fait que conformément à la Constitution de Maurice, l’Etat mauricien reconnaît les Chagos comme ses outer island et non comme le British Indian Ocean Territory(BIOT). Ainsi, Maurice a réitéré que les Chagos font partie intégrante de son territoire en Droit mauricien et en Droit international», a argué l’ambassadeur de l’Inde aux Pays-Bas.

Par ailleurs, Venu Rajamony a insisté qu’il est crucial de déterminer si le processus de décolonisation a été mené à bon escient. «Il faut mettre un terme au colonialisme sous toutes ses formes»

Aussi, l’ambassadeur de l’Inde aux Pays-Bas a fait référence à l’arbitrage international qui s’est déroulé pendant cinq ans ( mars 2010-mars 2015. «Le jugement du tribunal arbitral de 2015 porte sur les droits de prêche, l’éventuel restitution et les avantages minéraux et pétroliers est juridiquement contraignant», a soutenu Venu Rajamony.

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