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Revue politique : Quand SAJ vole au secours de SSR sur le dossier Chagos

Revue politique : Quand sir Anerood Jugnauth vole au secours de SSR sur le dossier Chagos

La grosse actualité politique qui a dominée cette semaine n’est nulle autre que les auditions de Maurice devant la Cour Internationale de Justice de la Haye, aux Pays-Bas. En prélude de sa plaidoirie, le lundi 3 septembre, le ministre Mentor, sir Anerood Jugnauth (SAJ), à la tête d’une délégation, comprenant Olivier Bancoult, président du Groupe Refugiés Chagos, de Liseby Elysée, une native de l’Archipel des Chagos, entre autres, a eu  des sessions de travail avec son panel d’avocats, dont Philips Sands, le 1er septembre.

A maintes reprises, il est monté au créneau pour voler au secours de l’ancien Premier ministre, sir Seewoosagur Ramgoolam, également ancien gouverneur général, qui avait participé à la Conférence Constitutionnelle à Lancaster, en 1965.

SAJ, qui a participé personnellement aux discussions préliminaires depuis son arrivée aux Pays-bas, le 30 août dernier, a déclaré à un hebdomadaire, dimanche dernier : «Apre 1965 ek la Repiblik en 1992, mo bien konfian ki avek led bondie mo pu reussi konplet dekolonizasyon nou pei» Cela constitue une pièce historique tant pour la population actuelle que pour les générations futures.

Poursuivant sa déclaration, SAJ a rappelé qu’à l’époque «en tant que membre de l’IFB de Sookdeo Bissoondoyal, je  faisais partie de la délégation à la Conférence de Lancaster House consacrée à l’Indépendance. Nous avons de qui s’y est passé. Angle finn zwe nou enn move tour.»

L’ancien Premier ministre a fait état des pressions qui auraient été exercées par des Brirtanniques sur la question de l’Archipel des Chagos et de l’Indépendance. «Finn oblize. Ramgoolam pa ti ena swa. Swa li retourn Moris sans lindependans, swa nou gagn Sagos. Kouma ou truve nou dekolonizasyon pa enkor  konplete»,  a-t-il déclaré.

Auditions

De ce fait en marge des auditions devant la CIJ par rapport à la démarche  de Maurice de solliciter une Request for an advisory Opinion, SAJ s’est vu investir dans ce rôle  majeur de compléter ce processus sur les Chagos. «L’initiative de saisir l’assemblée générale des Nations Unies avec cette résolution pour aller devant cette instance judiciaire me revient et à personne d’autre», a-t-il soutenu. Il a fait, également, état de sa participation déterminante et cruciale en faveur de l’Indépendance en 1965.

«Lors de la conférence constitutionnelle de 1965, les Anglais avaient dit qu’il fallait une majorité pour parler d’Indépendance. Sinon blié. Le PMSD était contre. Ce n’est pas un secret. Le CAM, tout en se disant en faveur, disait que c’était prématuré. Le leader de l’IFB, Sookdeo Bissondoyal, acceptait l’Indépendance face aux Anglais. Peut-être que sans mon intervention, le cour de l’histoire de Maurice indépendante aurait pris une autre voie», a relaté SAJ. De ce fait, il a argué que sa présence devant la CIJ constitue un devoir patriotique a accomplir pour lui et son pays.

Autre fait saillant de cette semaine,  c’est la réforme électorale qui revêt d’une importance cruciale pour la République de Maurice. Dans le cadre du Cabinet ministériel qui a examiné les recommandations du comité ministériel sur la réforme électorale, le 31 août dernier, il est révélé par un quotidien, le lendemain samedi que « le projet de loi prêt d’ici à fin octobre».

Réforme électorale

Le document a enfin atterri sur la table du Conseil des ministres vendredi 31 août, au terme de plusieurs semaines en suspens. Le Premier ministre, étant pris avec le Budget,  gouvernement avait, lors de la plainte constitutionnelle de Rezistans ek Alternativ, en mai dernier, demandé à la Cour suprême un délai supplémentaire.

Selon un quotidien, le rapport du comité mnistériel sur la réforme électorale ferait provision pour un Parlement de 82 sièges.

Dans sa livraison, samedi 1er septembre, un quotidien révèle que le rapport du comité ministériel se pencherait pour une Assemblée Nationale de plus de 82 membres, dont 12 à la proportionnelle et sept sièges additionnels pour remplacer le Best Loser System. Si l’on sait que le rapport a été débattu au Conseil des ministres vendredi, rien n’indique pour l’heure qu’il a été approuvé.

En relief de la réforme électorale, il y a le Financing of Political Bill, qui devrait être d’ici à fin octobre. Alors que l’Electoral Reform Bill fait toujours l’objet d’étude et d’examen, le Financing of Political Billest quant à lui au stade de finalisation par le Parquet.

En conférence de presse, samedi 1er septembre, le leader des Mauves a exprimé son scepticisme par rapport à la décision du Cabinet d’examiner les recommandations du comité ministériel sur la réforme électorale.

«Je me base sur ce qui s’est passé entre 2000 et 2005 pour étayer mes dires. Au cours de cette, nous avions réalisé plein de bonnes choses. Mais, une chose qui m’a déchue, c’est la réforme électorale. On nous a mis les bâtons dans les roues», a déploré Paul Bérenger.

Proportionnelle

«Nous voulons voir comment les 12 élus à la proportionnelle seront désignés», a soutenu Paul Bérenger. «Y aura-t-il une liste qui nous sera soumise avant les prochaines élections ?», s’est-il demandé.

Ce qui n’est pas clair, a souligné Paul Bérenger, ce sont les sept sièges qui viendront remplacer le système de Best Losers. «Comment les sept membres seront désignés ?», s’est-il demandé avant d’ajouter «Nous l’ignorons toujours. C’est encore flou !»

Lors de sa conférence de presse, samedi dernier, Paul Bérenger, leader du MMM s’est demandé comment seront désignés les 12 sièges à la proportionnelle.

A son avis, il y aurait une tendance d’accepter un seuil de 10% pour établir les meilleurs perdants parmi les petits partis. «Zot ti pe ale lor 12,5%. Aster zot ape revinn lor 10%», a fait remarquer Paul Bérenger.

Dans cette optique, le leader du MMM a soutenu : «Compte tenu du ruling des Nations Unies, le Best Loser System est déjà mort»

Du côté du PMSD, on insiste qu’il n’est pas question de toucher au Best Loser System. De même, le Mouvement Patriotique réclame la circulation du draft bill dans les meilleurs delais pour un débat national.

Aucun détail supplémentaire sur le contenu ni sur l’échéance n’a transpiré lors de la conférence de presse gouvernementale du samedi 1er septembre. «Nous sommes dans la dernière ligne droite», a affirmé le ministre Soodesh Callichurn.

En revanche, il a souligné que le gouvernement présentera avant les prochaines législatives, une réforme électorale «digne de ce nom».

Recensement ethnique

Le leader des Mauves s’est prononcé contre tout projet de recensement ethnique à Maurice, car il est d’avis que cela équivaudrait à l’ouverture d’une boite de pandore. Pour étayer son argumentation, Paul Bérenger a fait une rétrospective historique, notamment les élections de 1959 et de 1967, ainsi que les commissions Stone House, Banwell. «Il est impérieux de connaître l’histoire et le système électoral à la mauricienne», a-t-il dit.

De son côté, Joe Lesjongard, un des porte-parole de la majorité gouvernementale, a soutenu : «Ce qui est important, c’est le fait que nous sommes une jeune nation et un peuple vivant en harmonie ». Il a expliqué que le rapport reconnaît que le judiciaire a pris les mesures pour accélérer les affaires devant la justice. Joe Lesjongard a souligné que l’Attorney General a expliqué au comité que les données ethniques des prisonniers ne sont pas compilées. Par contre, les données sur l’appartenance religieuse des prisonniers sont conservées pour leur permettre de pratiquer leur religion.

Lors d’une conférence de presse, samedi 1er septembre, le PMSD a réclamé le retour du recensement ethnique. Le PMSD s’est appuyé sur la publication des commentaires du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale pour formuler une demande portant sur la réintroduction du recensement ethnique. Selon ce parti, il s’agit du seul moyen d’élaborer des politiques efficaces qui répondent aux attentes de toutes les composantes.

«Hypocrisie»

Dans cette optique, le leader du MM), Paul Bérenger, a été critiqué à la lumière des commentaires de l’ONU. «Paul Bérenger parle quand il ne faut pas. Il a dit cette semaine qu’il fallait faire bloc pour que le recensement communal ne fasse pas son retour. Et tout de suite après, le rapport des Nations unies estime qu’il faut des statistiques pour savoir ce qui se passe dans le secteur du travail, de la santé, de l’éducation… », s’est insurgé Mamade Khodabaccus, secrétaire-général du PMSD.

Le PMSD, plus particulièrement le secrétaire général, Mamade Kodabaccus s’est insurgé contre «l’hypocrisie» du MMM par rapport au recensement ethnique.

 

Selon lui, l’ONU donne ainsi raison au PMSD qui réclame des statistiques sur l’ethnicité. «Le paragraphe 7 est très important. Comment pouvons-nous dire si tout le monde a accès à la santé et au logement si on ne fait pas de recensement ? Plus que jamais, il faut un recensement pour s’attaquer à tous ces problèmes », a souligné Mamade Khodabaccus. Selon lui, le leader du MMM «fait preuve d’hypocrisie en se prononçant contre le retour du recensement ethnique alors qu’il se basera sur ce même critère pour désigner les candidats de son parti aux prochaines élections.»

 « Il est temps qu’il cesse de se berner lui-même. Mettra-t-il trois candidats non-hindous à Triolet s’il va seul aux élections ?», s’est demandé Mamade Khodabaccus.

 

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