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Petits planteurs dans l’impasse, production de sucre en baisse

Petits planteurs dans l’impasse, production de sucre en baisse avec 305 000 tonnes
Kreepalloo Sunghoon: «C’est vraiment effrayant de constater la multitude de champs de cannes à l’abandon à Triolet, à Scheonfield et dans d’autres régions dans le sud du pays»

Quelque 2 000 arpents sous culture de la canne à sucre sont laissés à l’abandon de petits planteurs dans diverses régions du pays. Les 80% d’avance prélevés Rs 9 700 sur chaque tonne de sucre, payables à la communauté de petits planteurs, sont considérés comme étant largement insuffisants pour assurer la récolte et le transport à l’usine. Par conséquent, les estimations de la Chambre d’Agriculture de produire 350 000 tonnes de sucre, pour la saison de coupe de 2018, ont été revisées à la baisse, atteignant 305 000 tonnes. La solution, a insisté le président de la  Small Planters’ Association, Kreepalloo Sunghoon est de payer une avance de Rs 2 500 par tonne de cannes.

Petits planteurs dans l’impasse, production de sucre en baisse
Kailash Ramdharry: «Avec cette avance que le gouvernement nous donne, nous les planteurs arrivons à couper la canne seulement.Nous ne pouvons même pas assurer les frais du transport pour acheminer nos cannes à l’usine»,

«Il y a des planteurs lorsqu’ils comparent la l’argent qu’ils obtiendront et la somme d’argent qu’ils doivent investir pour produire une tonne de sucre, ils préfèrent laisser à l’abandon leurs champs. C’est vraiment effrayant de constater la multitude de champs de cannes à l’abandon à Triolet, à Scheonfield et dans d’autres régions dans le sud du pays», déplore Kreepalloo Sunghoon. Tonnant dans le même sens, Kailash Ramdharry, président de la Coopérative des Planteurs de Grand Sable, a révélé que depuis ces quatre dernières années le nombre de petits a été réduit drastiquement, «passant de 15 500 à moins de 10 000»

«Frais du transport»

«Avec cette avance que le gouvernement nous donne, nous les planteurs arrivons à couper la canne seulement.Nous ne pouvons même pas assurer les frais du transport pour acheminer nos cannes à l’usine»,  se plaint Kailash Ramdharry.

«Toutefois, c’est la première qu’on revise à la baisse les estimations de production. Les estimations qui étaient de 400 000 tonnes de sucre – sucres spéciaux, le raw sugar et le white refined sugar – ces dernières années sont passées à 350 000 tonnes, cette année. A ce stade de l’année, on est en train de reviser à la baisse ces estimations», affirme Kailash Ramdharry. Il souligne qu’il incombait à un comité, regroupant la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA), la Chambre d’Agriculture et la Farmer’s Service Corporation (FSC), siégeant, voici une dizaine de jours qui a estimé à la baisse cette production à 330 000 tonnes de sucre.

Affirmant que les planteurs et petits planteurs arrivent à eux seuls de produire quelque 85 000 de sucre, Kailash Ramdharry fait remarquer : «Contrairement aux gros planteurs et usiniers, nous n’avons pas des facilités bancaires. Ils assurent la coupe et acheminent leurs cannes à l’usine. Quant à nous, nous comptons sur le Mauritius Sugar Syndicate (MSS). Aujourd’hui, le MSS nous paie moins de ce que nous devrions obtenir de la coupe de nos cannes.»

Percevoir entre Rs 450 et Rs 500

Il fait remarquer qu’un planteur perçoit entre Rs 450 et Rs 500 en moyenne pour chaque tonne de cannes acheminée à l’usine, une somme considérée comme étant insuffisante, dans la mesure que le coût de production oscille entre Rs 600 et Rs 775, dépendant de la distance pour aller à l’usine, la topographie du terrain, entre autres.

Kreepalloo Sunghoon et Kailash Ramdharry rappellent que le 28 juin, les petits planteurs, regroupés au sein d’associations et de fédérations, ont eu une rencontre  avec le Premier ministre et  ministre des Finances, Pravind Jugnauth, résultant à l’octroi de 80% des avances sur les coûts de production. Soulignant que le coût de production d’une tonne de sucre tourne autour de Rs 17 000, Kailash Ramdharry soutient que les 80% devraient être prélevés de cette somme.

«Le Premier ministre avait consenti à sauver l’industrie sucrière en accordant ces avances aux petits planteurs. Mais dans les faits, c’est tout le contraire qui s’est produit (…) Nous avons perçu que 80% sur le prix de sucre, fixé à Rs 9 700 la tonne. Or, nous avions demandé Rs 17 000 sur la tonne de cannes envoyée à l’usine. Cela dans la mesure que l’usine est bénéficiaire en sucre, sucres spéciaux, sucres raffinés, énergie électrique, à travers la bagasse, l’alcool, éthanol, et rum à travers la mélasse ou encore le bio-fertilisant à travers la vinasse», affirme Kailash Ramdharry.

Sous-produits de la canne 

Tonnant dans le même sens, Kreepalloo Sunghoon  affirme que le coût de  de production d’une tonne de sucre se chiffre entre Rs 18 000 et Rs 19 000 dépendant de la région. «A ce prix, nous comptabilisons aussi tous les sous-produits de la canne : bagasse, mélasse, vinasse… Ainsi, entre le revenu et les dépenses, il  y a une différence de Rs 7000 à Rs 8 000…», déclare le président de la Small Planters’ Association.

Par conséquent, MM. Ramdharry et Sunghoon s’insurgent contre le fait de bénéficier 80% d’avance sur la somme de Rs  9 700 la tonne de sucre. «Nous devons dire que ces 80% d’avance sont un acquis datant de 2008. Donc, à vrai dire, on n’a rien eu. Rien n’a été fait pour sauver les petits planteurs», déplore Kailash Ramdharry. Et Kreepalloo Sunghoon de réitérer qu’il faut verser Rs 2 500 par tonne de cannes aux planteurs.

 

Petits planteurs dans l’impasse, production de sucre en baisse avec 305 000 tonnes