Edito - L'indépendance : Ce n'est pas la célébration d'un seul homme !
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Ah ces gros mots !

« Quelqu’un qui ne filtre pas son langage, et qui jure, est plus susceptible de dire ce qu’il pense vraiment… »

« Micro là pas bon, p… », « Pran boutey là bourre dans to f… ». Voilà quelques fleurs l’on a pu entendre, venant de la bouche de l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam alors qu’il se trouvait samedi, à une manifestation contre la MBC. Que cache ce langage ordurier venant d’un ancien dirigeant du pays ? Pourquoi aime-t-il tant les prononcer ? Est-ce un acte de faiblesse ?

Selon son entourage, Navin Ramgoolam l’égrène en chapelets et affectionne les bons gros classiques ou les cisèle sur ses lèvres. C’est un moyen d’intimidation quand il perd du terrain. Il agit ainsi sciemment dans le but de déstabiliser celui qui se retrouve en face de lui.

Mais dans ce cas, le drame est que le leader Rouge s’en est pris verbalement à une personne qui voulait, simplement, lui tendre une main charitable en lui offrant de l’eau sous un soleil de plomb. La vulgarité, lâche, de l’ancien Premier ministre a surpris même ses fidèles lieutenants qui l’accompagnaient.

Navin Ramgoolam a voulu affirmer un air dominant, alors même qu’il se trouve sur un terrain glissant. Il s’est raccroché aux jurons comme à une bouée de sauvetage. Pour lui, ce n’est pas leur teneur qui compte, mais c’est le fait de se mesurer et montrer à la personne en face de lui qu’il est supérieur. Qu’il est le boss.

Submergé par des émotions, dont il n’est plus maître, il est de plus en plus une épine dans le pied de ses proches collaborateurs qui fuient la presse comme la peste pour commenter ce malheureux épisode. Ils se demandent comment affronter les propres défaillances et tares de leur leader quand il a commis une faute irréparable.

Ils tentent tant bien que mal de dissimuler le malaise crée en occultant les circonstances avec des « mo pas fine tendé… » ou « mo pas ti près… ». Pourtant, les images parlent d’elles-mêmes ! Car toute la scène a été filmée. Donc, d’échappatoire, il n’y en a point ! C’est une énième bourde qui collera à Navin Ramgoolam comme une nouvelle infamie. Paraphrasant le jeune député bleu, Adrien Duval : « Laisse la population tire zot propre conclusion aster… »

Ah ces gros mots !