Ah ! Ces politiciens allergiques au succès... des autres
Ils passent des nuits blanches à essayer de trouver une solution, même la plus ridicule, pour démolir une vérité, voire un axiome.
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Ah ! Ces politiciens allergiques au succès… des autres

Certains politiciens souffrent-ils d’allergie ? Ils ne peuvent pas digérer le bon travail ou la victoire d’un adversaire. Ils passent des nuits blanches à essayer de trouver une solution, même la plus ridicule, pour démolir une vérité, voire un axiome.

Cette maladie porte le nom d’allergie, une allégeance contre toutes les bonnes œuvres que leurs rivaux politiques font ou défendent. Un exemple frappant est la réaction d’un chef de parti (qui n’est, en passant, même pas – plus ou moins même plus – un parlementaire), contre une déclaration faite par l’un de ses hommes, un parlementaire, vociférant mais loyal, en faveur du Premier ministre, Pravind Jugnauth, après que ce dernier ait été lavé de tout blâme et à l’unanimité, des cinq Law Lords du Conseil privé dans l’affaire Medpoint.

Dans un effort initié pour faire taire le jeune parlementaire, le chef du parti serait en colère, mais il ne peut botter le gars de son parti déjà au bord de précipice. Encore moins montrer sa rouge colère de lion sénile en public comme à son habitude. De peur de perdre l’homme, respecté et adoré d’une communauté qui peut faire pencher la balance pendant une campagne électorale. Que peut faire le ‘boss’ pour le moment, que ruminer ou, au mieux encore, exprimer sa colère dans ce cercle fermé de ses serviables serviteurs qui, eux aussi attendent une petite boute, conjuguée par une investiture au prochain scrutin. Que faire d’autre ?

On apprend également que le Boss craint que le jeune homme ne quitte le parti, bien qu’il ait fait vœu de fidélité. Une ‘feinte’ qui a quand même valu la promesse d’une ‘promotion’ de no.2 du parti. Allez, on hausse les enchères, on te propose ni moins que la présidence du pays… pas à toi, mais à une personne qui t’es proche.

Bien sûr, à ce stade ce ne sont que des murmures de rue, même si nous savons que tout est possible et à tout moment, dans une démocratie plurielle comme Maurice. C’est une vérité fondamentale : si les puissants ne peuvent rejeter ou discréditer, il est toujours dans leurs intérêts de ‘faire la bouche doux’ à ceux qui pourraient constituer un obstacle pour le contrôle du pouvoir. Allez, on le dit tout haut : faire taire ceux qui parlent trop.

Une autre stratégie de ceux qui cherchent le pouvoir consiste à ‘tipster’ les médias en fournissant des informations qui peuvent avoir pour effet de mettre mal à l’aise leur adversaire. Pour cette catégorie-là, le rôle historique du journaliste dans une démocratie n’a pas le même sens. Ceux-là peuvent attaquer ouvertement les médias pour avoir le prétexte de s’auto-désigner chien de garde. Demandez au leader du parti, dont lui et toute sa meute avaient été chassés lors du dernier scrutin. Il vous dira qui maitrisait parfaitement ce genre de jeux infects quand il était au pouvoir.

Aujourd’hui encore, malgré le fait que le peuple lui a conféré le rôle de simple spectateur – pardon, acteur dans une affaire de quelques millions découverts dans un coffre-fort – il menace : s’il revient au pouvoir, il va fermer deux radios privées qui ont obtenu une licence il y a quelques mois d’un gouvernement qui croit fermement dans la liberté d’expression garantie par la Constitution de ce pays.

N’est-ce pas là une menace pour la démocratie que nous avons connue et, comme le savent trop bien la population d’autres pays, un pas décisif sur la voie de l’autoritarisme ? Doit-on rappeler à ce monsieur que la presse n’est pas une question de colère ou de peau fine? Faut-il lui aussi rappeler que les menaces creuses ne sont faites que pour épater la galerie ou pour se faire bonne conscience? Nous vivons dans un pays fier de son pouvoir judiciaire indépendant.

N’en déplaise à ce Monsieur !

 

Ah ! Ces politiciens allergiques au succès… des autres