Anévrisme de l’aorte abdominale selon le Dr Viken P. Mootoosamy
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Anévrisme de l’aorte abdominale selon le Dr Viken P. Mootoosamy

Tel le diabète ou le cancer, qui sont des maladies souvent détectées trop tard de par leur nature silencieuse, l’anévrisme de l’aorte abdominale est une pathologie qui affecte de plus en plus de gens vu notre population vieillissante. L’anévrisme de l’aorte abdominale (AAA) est le résultat d’une dilatation ou gonflement de l’aorte abdominale. A fin d’éduquer la population aux risques associés à l’AAA, Clinique Darné a invité le Dr Viken P. Mootoosamy, Consultant en chirurgie Cardiovasculaire et Endovasculaire, à faire une session de partage de connaissance sur ce sujet lors de leur programme mensuel de ‘A nu mett enn dialog’.

L’aorte est la plus grosse artère du corps humain. Elle part du cœur et descend dans le thorax jusqu’à l’abdomen où elle se divise pour diriger le flux sanguin vers les jambes. L’aorte abdominale fait normalement 2 cm de diamètre. On parle d’anévrisme, lorsque cette artère se dilate au-delà de 50% de sa taille d’origine (soit à partir de 3 cm). Dépendant de la sévérité de la dilatation ou de la vitesse de croissance de l’anévrisme, les patients auront besoin d’un suivi régulier afin d’établir une prise en charge adéquate. La maladie devient plus dangereuse quand le gonflement de l’aorte atteint la taille de 5 cm et au-delà, où il y a un risque élevé de rupture de cet anévrisme, résultant au décès du patient suite à une hémorragie interne massive. Un anévrisme est très souvent ‘’sournois’’. Lorsqu’il est à un stade avancé, il peut se manifester à travers des maux abdominaux ou une grosseur pulsatile au niveau de l’abdomen.

« Comme beaucoup de maladie, il est important de prendre conscience du fait que l’anévrisme de l’aorte abdominale est, dans la plupart des cas, un résultat direct du style de vie du patient. Il y a un très faible pourcentage de personne qui courent le risque d’une origine génétique. On peut observer l’occurrence de l’anévrisme chez les gros fumeurs ou anciens fumeurs et les patients qui ont déjà une atteinte athérosclérotique (plaque de cholestérol) du système cardiovasculaire, souvent associée à l’hypertension artérielle et le diabète. Il est très important de réaliser que cette maladie est évitable si on prend les précautions nécessaires, » a confié le Dr Viken P. Mootoosamy à l’audience présente lors de la session.

Le but du traitement d’un AAA est d’empêcher sa rupture. Une chirurgie endovasculaire, une méthode mini-invasive et innovante, maintenant implémenté à Maurice, se voit comme une solution moins lourde. Le chirurgien fait deux petites incisions au niveau du pli de l’aine, qui lui permettront d’exclure la portion de l’aorte affectée par une endoprothèse vasculaire, c’est-à-dire un stent recouvert de tissu synthétique. Cette nouvelle technique ne nécessite pas l’ablation de tissus de l’aorte par une chirurgie ouverte et comme elle est moins invasive, le délai de rétablissement est beaucoup plus rapide comparé à la chirurgie traditionnelle.

« La chirurgie endovasculaire fait référence à une chirurgie par l’intérieur du vaisseau, avec l’introduction de cathéters, guides, ballons et stents sous contrôle radiographique. C’est extrêmement encourageant de voir que le secteur médical à Maurice, à travers des institutions tel que Clinique Darné, voit de nouvelles spécialisations et permet aux médecins locaux de proposer leurs services aux patients qui en ont vraiment besoins » ajoute le Dr Mootoosamy, chirurgien cardiovasculaire et endovasculaire de formation Suisse.

L’anévrisme de l’aorte abdominale est toutefois beaucoup plus susceptible d’arriver chez les personnes dès l’âge de 60 ans, et 4 fois plus prévalent chez les hommes que chez les femmes. Néanmoins, il n’est pas à écarter que l’anévrisme soit présent même chez les sujets moins âgés vu le changement de mode de vie de la population locale. De ce fait, il est extrêmement important pour les personnes âgées de faire un dépistage échographique et de contrôler leur état de santé.

Anévrisme de l’aorte abdominale : Une bombe à retardement