Attention aux ragots et attaques malveillantes
Actualités Editor's Picks

Attention aux ragots et attaques malveillantes

Critiquer ses rivaux politiques, passer des remarques malveillantes et faire des attaques personnelles est un passe-temps national à Maurice. Jetez un coup d’œil aux nombreux messages sur Facebook ou sur d’autres médias imprimés, mais surtout électroniques. Il y a de nombreuses attaques « vitupératrices » contre les hommes politiques du gouvernement et contre des fonctionnaires compétents et honnêtes qui accomplissent leur travail dans le silence et dans le respect des lois. Ils sont toujours la cible d’attaques bien organisées et intentionnelles. Ces gens-là  ne peuvent rien faire. Le temps joue contre eux.  Ils ont d’autres chats plus importants à fouetter — a bonne marche du pays et de ses piliers économiques et sociales. Faut-il une organisation de surveillance pour les protéger ?

Pas plus tard que quelques jours de cela, il nous semble que la saison des attaques malveillantes et vitrioleuses  a commencé dans une publication banale, distribuée à quelques dizaines de marchands de journaux et financée par quelques esprits malades qui veulent à tout prix occuper le fauteuil ministériel. C’est grave pour la société, sa bonne marche, et la paix. Nous constatons qu’une telle campagne politique honteuse et des attaques personnelles se multiplieront à l’approche des élections générales. Et tout cela pour dénigrer le gouvernement et les personnes qui y travaillent. C’est là que la population doit désormais être sur ses gardes.

Pourquoi ?

De manière surprenante, l’attaque ou la critique est rarement dirigée vers des problèmes et des défis importants auxquels le pays est confronté. Ils sont plutôt orientés vers le génocide de caractère, peignant en noir leurs opposants politiques et leurs députés au lieu d’exposer, discuter les défis dont fait face le pays et sa population. Ce qui prime dans toutes les discussions, c’est la propagande haineuse, des allégations creuses pouvant aller jusqu’au bout de l’imagination et soulevant des questions sans importance qui n’ont rien à voir avec l’intérêt national. Il n’est même pas surprenant de trouver quelques squelettes entassés dans les tiroirs et les armoires où il n’y en avait pas. Ce type d’activité va prendre de l’ampleur pour taquiner les cerveaux de ceux qui aiment les ragots et les pourparlers stériles.

Si vous souhaitez évaluer la popularité d’une telle activité, un exemple suffira. Tout ce que vous avez à faire est d’écouter les émissions politiques, sociales ou téléphoniques des radios, du moins sur certaines d’entre elles à Maurice. Les auditeurs ne manquent pas de commentaires. Ils se rangent par dizaines pour exprimer leurs points de vue, souvent sans rapport avec le sujet discuté. Leurs commentaires et opinions incluent des attaques sur des problèmes personnels; faire des accusations susceptibles d’être perçues comme des scandales, utiliser les insinuations comme des formes de rumeurs politiques, faire des allégations et des déclarations diffamatoires ou simplement semer le germe de la corruption ou de la malhonnêteté à l’encontre d’une autre personne. C’est grave.

La plupart des animateurs de ces programmes contrôlent rarement les déclarations et les paroles proférées en appuyant sur le bouton de retard (Delay button) au nom de la liberté d’expression garantie dans la Constitution et en violation flagrante du code de déontologie de l’IBA. Il s’agit ici d’un précédent dangereux créé par les médias sur lequel les régulateurs semblent avoir perdu le contrôle ou tout simplement fermé les yeux. C’est pire encore..

Cependant, lorsque les mêmes radios proposent des programmes sérieux sur l’un des piliers de l’économie nationale ou sur des projets de développement futur pour la société, le nombre d’appelants peut compter sur le bout des doigts. Il n’y a jamais de contributions sérieuses des membres du public, les fervents appelants de programmes téléphoniques sur des questions d’intérêt national.

Mais en ce qui concerne les discussions de nature politiques ou commères politiques et les conseils sur les questions sociales,  il y a toujours l’émergence soudaine,  comme l’éclosion  de champignons après un tonnerre, de soi-disant observateurs, la plupart du temps des spéculateurs, qui n’ont même pas une connaissance approfondie du sujet dont on parle. Mais ils sont toujours là avec leurs points de vue irréfléchis et souvent farfelus pour tromper et désinformer les auditeurs.

Est-ce-que  nos médias devraient-ils ventiler les ragots sans les filtrer et sans analyser les dommages qu’ils pourraient éventuellement causer à la société? Bien entendu, cela ne veut pas dire que la liberté d’expression doit être bâillonnée. Loin de là. Nous sommes en faveur des débats, des discussions et des critiques qui contribuent au bien-être du pays et de ses habitants, et non aux potins et aux attaques personnelles.

La liberté d’expression n’est pas une licence ouverte pour dire n’importe quoi, n’importe quand et n’importe où. Elle n’est pas absolue. Les normes sociales et les mœurs, les lois juridiques et morales imposent certaines limites que l’on doit respecter pour garder l’équilibre dans la société. Les déclarations sauvages ne font que renforcer les violations flagrantes des limites imposées par la liberté d’expression et engendrent de graves bouleversements. Donc,  ayez un peu de la décence et  du respect pour ceux qui sacrifient leur famille et leur vie pour le bénéfice de ce pays et de sa population. Pourquoi ne pas rejeter la mesquinerie, éliminer l’ignorance et accueillir des débats sérieux sur ce qui compte le plus pour le pays et ses habitants? Est-ce difficile à promouvoir cela dans un pays qui se vante d’alphabétisation à cent pour cent?

R.A.R Pandit

Attention aux ragots et attaques malveillantes