Autosuffisance en produits agricoles : Aucune autorité pour veiller au grain
Pour Kreepalloo Sunghoon, l’autosuffisance est une limite « imaginaire ».
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Autosuffisance en produits agricoles : Aucune autorité pour veiller au grain

Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters’ Association insiste que pour arriver à l’autosuffisance, il faudrait avant tout mettre en place une instance responsable pour veiller au grain. Il explique que si le pays doit produire 50 tonnes de pommes d’amour par semaine, « il y a tout un travail derrière ». Il affirme qu’il y a au moins trois mois de travail pour arriver à ces chiffres.

Il estime qu’il devrait avoir une autorité responsable pour atteindre l’objectif de l’autosuffisance, « Si finn ena problem dan klima, dimunn la bizin gete kuma pu re plante, ki pou fer », fait-il savoir. Kreepalloo Sunghoon est d’avis que Maurice a un potentiel en matière d’autosuffisance. « Me pena personn ki pe vey sa ».

Kreepalloo Sunghoon soutient qu’en 2018, 85 000 tonnes de fruits et de légumes avaient été produites. Il pense donc que c’est une opportunité pour les entrepreneurs de combler ce manque.

« La Small Planters’ Association est un observateur mais pas une autorité. Nous sommes là pour aider mais c’est au gouvernement de mettre en place des instances adéquates ».

Pour lui, l’autosuffisance est une limite « imaginaire ». Kreepalloo Sunghoon évoque aussi des chiffres de 2008 à 2012 où 120 000 et 125 000 tonnes de fruits et de légumes avaient étaient récoltées. « Le prix était stable », ajoute-t-il. Il souligne que désormais avec une hausse dans la démographie, si nous comptons environ 150 000 tonnes de fruits et de légumes, Maurice sera autosuffisant.

Il raconte que selon un rapport du ministère de l’Agro-industrie, on indiquait que si Maurice arrivait à produire environs 150 000 tonnes de fruits et de légumes, « nou ti pu korek ». Cependant, Kreepalloo Sunghoon avoue que Maurice aura toujours recours à 70% d’importation.

Pour Eric Mangar, président du Mouvement pour l’autosuffisance alimentaire (MAA), il faut plutôt voir l’aspect d’accessibilité. Il cite l’exemple de la pomme de terre. « Si pe vann li Rs 30 la liv, ena enn problem aksesibilite ».

Evoquant l’autosuffisance, il pense qu’il faut avant tout arriver à la sécurité alimentaire. Il est d’avis qu’il faut produire pour assurer la sécurité alimentaire et surtout si on veut élargir la production locale.

Pour le président du MAA, il est difficile d’atteindre cet objectif surtout avec les changements climatiques.  De plus, il ajoute que les jeunes sont de moins en moins intéressés par l’agriculture. Il ajoute qu’il y a certes de nouvelles méthodes de production qui peuvent aider mais, pas totalement.

Eric Mangar estime toutefois qu’on peut hausser le niveau d’autosuffisance. Il concède que nous sommes dépendants de l’importation. Il parle de la pomme de terre et affirme qu’on doit importer les semences mais déplore que celle-ci ne sont pas de bonne qualité. « Nous pou tuzur depandan lor importasyon », fait-il savoir.

Il affirme également que l’importation dépend également de la situation économique du pays. « Si l’économie marche à merveille, nous pouvons songer à l’importation », affirme-t-il.

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