Chagos - Pravind Jugnauth: “Cette situation laisse clairement le Royaume Uni comme occupant colonial illégal”
Cela à un moment, où le délai pour que les Britanniques mettent un terme à leur colonisation des Chagos arrive à expiration ce vendredi 22 novembre. 
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Chagos – Pravind Jugnauth: “Cette situation laisse clairement le Royaume Uni comme occupant colonial illégal”

“Cette situation laisse clairement le Royaume Uni comme occupant colonial illégal”: propos du Premier ministre, Pravind Jugnauth par rapport au dossier Chagos, dans un Statement, à l’Assemblée Nationale, jeudi 21 novembre. Cela à un moment, où le délai pour que les Britanniques mettent un terme à leur colonisation des Chagos arrive à expiration ce vendredi 22 novembre. 

“Le gouvernement déplore vivement que le Royaume-Uni ait choisi de rejeter l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice et la résolution 73/295 de l’Assemblée générale des Nations Unies, alors qu’il avait clairement enfreint le droit international. Ce faisant, le Royaume-Uni a eu recours à des arguments dénués de tout fondement, mettant en cause l’autorité de la plus haute juridiction du monde et du système des Nations Unies dans son ensemble. Cette situation laisse clairement le Royaume-Uni comme occupant colonial illégal”,  a martelé Pravind Jugnauth.

Soulignant que le Royaume-Uni a répété qu’il ne partageait pas l’approche de la CIJ et que celle-ci n’avait pas suffisamment pris en compte certains faits matériels, le Premier ministre a soutenu que le Royaume-Uni sait pertinemment bien que la Cour a examiné avec soin plusieurs milliers de pages de faits et d’arguments juridiques et a entendu les exposés de plus de 30 États, dont le Royaume-Uni, et l’Union africaine sur quatre jours. “La Cour a soigneusement examiné ces faits avant de tirer ses conclusions. En d’autres termes, c’est la Cour qui n’a pas partagé l’approche du Royaume-Uni”,  a maintenu Pravind Jugnauth.

Il a fait remarquer que la CIJ a rejeté la position, largement défendue par le Royaume-Uni lors de la procédure consultative, sur le fait que le Royaume-Uni a également fait valoir qu’en acceptant de répondre aux questions posées par l’Assemblée générale, la CIJ avait permis à Maurice de contourner le principe fondamental selon lequel la Cour ne devrait pas examiner un différend bilatéral sans le consentement des deux États. 

Faisant référence  à l’affirmation du Royaume Uni qui a, également, affirmé que la sentence du tribunal arbitral de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de mars 2015 avait confirmé l’existence d’un accord juridiquement contraignant entre Maurice et le Royaume-Uni en 1965 pour l’excision de l’archipel des Chagos du territoire de Maurice, Pravind Jugnauth a rétorqué: “C’est totalement faux. Le tribunal arbitral n’a jamais conclu à l’existence d’un tel accord juridiquement contraignant. Il n’a exprimé aucune opinion sur le fait de savoir si Maurice avait valablement «consenti» au démembrement de son territoire.”

Cela avant d’ajouter: “Ce qu’elle a décidé, c’est que les engagements pris par le Royaume-Uni de restituer l’archipel des Chagos à Maurice n’étant plus nécessaires à des fins de défense; préserver le bénéfice de tous les minéraux ou huiles découverts dans l’archipel des Chagos ou à proximité de celui-ci pour Maurice; et de faire en sorte que les droits de pêche dans la mer territoriale de l’archipel des Chagos restent disponibles pour Maurice dans la mesure du possible contraignant le Royaume-Uni.”

Pravind Jugnauth a réitéré que Maurice reste également fermement attaché à la mise en œuvre d’un programme de réinstallation urgente dans l’archipel des Chagos. “Le refus systématique du Royaume-Uni d’autoriser le retour des anciens résidents de l’archipel des Chagos est une question particulièrement grave. Cela viole leurs droits humains les plus fondamentaux”,  a maintenu Pravind Jugnauth.

Le Premier ministre a souligné que le gouvernement poursuivra également ses efforts pour “contester l’adhésion du Royaume-Uni en tant qu’État côtier censé représenter l’archipel des Chagos dans tous les organismes des Nations Unies ainsi que dans les organisations internationales, régionales et intergouvernementales, conformément aux paragraphes 6 et 7 de la résolution 73/295 de l’Assemblée générale des Nations Unies.” 

À cet égard, a-t-il indiqué, Maurice attend, également, avec intérêt le rapport du Secrétaire général sur “la mise en œuvre de cette résolution qui, si nous avons bien compris, est attendu pour mars / avril 2020.” Cela avant d’ajouter: “Le gouvernement apprécie profondément le soutien que Maurice a reçu de l’Union africaine et d’autres pays et compte sur leur soutien continu pour l’achèvement rapide du processus de décolonisation de Maurice.”

Il a affirmé que le gouvernement apprécie profondément le soutien que Maurice a reçu de l’Union africaine et d’autres pays et compte sur leur soutien continu pour l’achèvement rapide du processus de décolonisation de Maurice.

Auparavant, au début de son intervention, le Premier ministre s’est référé à l’Assemblée Générale de l’ONU, tenue le 22 mai 2019, qui a adopté par une large majorité de 116 votes contre 6  la Resolution 73/295, réaffirmant, inter alia, l’Advisory Opinion de la Cour Internationale de Justice  que “the Chagos Archipelago forms an integral part of the territory of Mauritius; that the decolonization process of Mauritius was not lawfully completed upon its accession to independence in view of the unlawful excision of the Chagos Archipelago from the territory of Mauritius; and that the ongoing administration of the Chagos Archipelago by the United Kingdom constitutes a continuing wrongful act entailing the international responsibility of that State”.
Par conséquent, a-t-il rappelé l’Assemblée générale a demandé au Royaume-Uni de “retirer inconditionnellement son administration coloniale de l’archipel des Chagos dans un délai maximum de six mois à compter de l’adoption de sa résolution, soit demain, le 22 novembre 2019!(aujourd’hui, ndlr)”

Pravind Jugnauth a maintenu que son gouvernement, qui attache une grande importance aux relations étroites existant entre Maurice et le Royaume-Uni, “est profondément déçu” que, dans ses réponses récentes aux questions parlementaires à la Chambre des communes et dans une déclaration écrite au Parlement britannique en date du 5 novembre 2019, le gouvernement britannique est explicite qu’il “n’a pas l’intention de se retirer son administration illégale de l’archipel des Chagos dans les délais fixés par l’Assemblée générale.”

Chagos – Pravind Jugnauth: “Cette situation laisse clairement le Royaume Uni comme occupant colonial illégal”