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Christian Monjou prône l’agilité et l’ouverture

Qu’attendons-nous d’un leader en temps de crise ? C’est l’épineuse question à laquelle a répondu Christian Monjou, éminent enseignant-chercheur à l’université d’Oxford, lors d’une conférence intitulée : « La crise, ou l’impératif d’accompagner vers le changement ».

Organisé par Blast BCW pour célébrer ses 15 ans, cet événement a réuni le lundi 14 octobre une quarantaine de chefs d’entreprise et de capitaines d’industrie mauriciens au Labourdonnais Waterfront Hotel, à Port-Louis. Adoptant une approche atypique, le conférencier utilise les œuvres d’art pour analyser les grandes problématiques managériales auxquelles doivent répondre les leaders du monde des affaires.

Dans un style propre à lui, Christian Monjou a, durant deux heures, distillé son analyse et ses conseils aux chefs d’entreprise mauriciens. Utilisant des œuvres d’art et faisant référence à l’histoire, il a conquis son auditoire en lui proposant une réflexion éclairante sur les questions managériales contemporaines, en particulier sur la gestion de crise.

C’est par un tableau du peintre mauricien Salim Currimjee, intitulé « Maps& Keys », que le conférencier a lancé sa présentation. « Une crise est un moment où on s’aperçoit tout d’un coup que les cartes avec lesquelles on lisait le monde ne le lisent plus, lorsque les clés avec lesquelles l’on ouvrait certaines portes ne fonctionnent plus », a soutenu d’emblée Christian Monjou.

Pour ce dernier, il existe deux principaux écueils lorsqu’une entreprise fait face à une crise. La première est la tentation de s’enfermer. « Cette approche, c’est la mort absolue, car il faut, au contraire, renforcer l’ouverture », a-t-il expliqué.

L’autre piège est ce qu’il appelle « l’usine à gaz », qui consiste à se lancer dans de somptueux projets et à vouloir enfermer les gens dans la complexité. En temps de crise, il est essentiel que le leader redonne de la confiance autour de luiet fasse « comprendre que l’on a besoin de tout le monde ».Sortir de la crise est un travail éminemment collectif.

Pour Christian Monjou, il est primordial que les chefs d’entreprise pratiquent« l’art du compromis », pour, selon ses propres mots, « lâcher l’accessoire aux opposants pour faire passer l’essentiel ». Il est revenu sur une période décisive de l’histoire chinoise en remontant au début du 15e siècle.

En effet, à cette époque, un amiral de la flotte de l’Empire du milieu repérait de possibles points d’ancrage dans l’océan Indien, jetant ainsi les bases d’un premier empire maritime. Ce projet sera toutefois rejeté par l’empereur, sous la pression des bureaucrates.

Le conférencier utilise cet événement pour faire une analogie avec les entreprises d’aujourd’hui, dans laquelle la figure de l’empereur est occupée par le CEO, celle de l’amiralparles visionnaires, alors que les réfractaires au changement endossent le costume des bureaucrates. Pour lui, la décision de l’empereur symbolise l’échec du leader à mettre en place le compromis.

Il a invité les chefs d’entreprise à prendre le temps pour accompagner leurs équipes. « L’autorité, c’est faire grandir les autres, alors que le pouvoir consiste à les soumettre », a fait ressortir Christian Monjou.

Intervenant avec la présentation, Aisha Allee, fondatrice et chairperson de Blast BCW, a remercié le conférencier de même que les chefs d’entreprise pour leur présence. « Nous avons choisi d’organiser cette conférence pour célébrer nos 15 ans. C’est pour nous une manière d’aller au-delà de notre mandat d’agence de communication classique ».

Christian Monjou prône l’agilité et l’ouverture