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Consommateurs de drogue : la réhabilitation existe-t-elle vraiment à Maurice ?

Le plus gros fléau à Maurice est la proliferation de la drogue tout particulièrement la synthétique. Constatant la situation alarmante qui prévaut à Maurice, le Premier ministre a une nouvelle fois réitéré son engagement dans la lutte contre la drogue.

Cette fois-ci c’est dans la réhabilitation des usagers de la drogue que Pravind Jugnauth veut mettre l’accent. C’est ce qui ressort de son discours lors de la 62e session de la Commission des stupéfiants sur la drogue qui s’est tenue à Vienne, Autriche le vendredi 15 mars. Toutefois, certains travailleurs sociaux dans le domaine se demandent si la réhabilitation existe-t-elle vraiment à Maurice?

Danny Philippe, travailleur social et membre fondateur de l’ONG CUT (Collectif Urgence Toxida) salue l’initiative du Premier ministre de vouloir réhabiliter les usagers de la drogue. De plus, il estime qu’avec la mise sur pied du High Level Drugs and HIV Council, «nu koner dan ki direktion aller». Toutefois, il estime qu’il y a encore beaucoup de mesures à implémenter et des lois à revoir pour que la réhabilitation soit réalisable à Maurice. En effet, selon le travailleur social, les ONG de réhabilitation devraient être subventionnées à 100% par l’état pour pouvoir opérer rapidement et efficacement.

Par ailleurs, selon membre fondateur de CUT, les consommateurs de drogue ont droit à une seconde chance et c’est la raison pour laquelle qu’il est important de les soigner pour qu’ils ne retournent pas dans l’enfer de la drogue. «Pas kapav rempli prisons ar consommateurs», s’indigne-t-il. Il explique qu’il est difficile pour qu’un consommateur de drogue s’intègre à nouveau dans la société et retrouve une vie normale avec casier judiciaire. «ziska so la mort li pas pou gagn travail zis lor certificat moralite pou metter linn al dan prison. coumsa mem apres zot rechuter». Cependant, Danny Philippe précise que cela concerne uniquement les consommateurs et concède qu’il faut se montrer «sans pitié» envers les trafiquants de drogue.

Ally Lazer, président de l’Association des Travailleurs Sociaux de Maurice (ATSM) partage le même avis. Le travailleur social se pose même la question si la réhabilitation existe-t-elle vraiment à Maurice? «si gagn enn zeness ar ladrog so lavenir fini gater..», explique-t-il. Pour le travailleur social, un consommateur de drogue n’est pas un criminel mais plutôt un «patient» comme le décrit l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Et un patient doit se faire soigner comme tout autre patient dans «un centre de santé et non en prison au même titre qu’un alcoolique».

C’est dans cette optique qu’Ally Lazer salue le discours du Premier ministre mais dit espérer que les mesures se concrétisent le plus rapidement possible. «..bizin mett en pratik bann struktures. Bizin konn ré-invente bann centres pou accueillir bann consommateurs ek fer zot sorti ladan», fait ressortir le président du l’ATSM. Par ailleurs, il juge que la justice tarde trop à agir pour condamner les trafiquants et que «la corruption est le plus grand obstacle dans la lutte contre la drogue».

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