Le DPP fait appel dans l’Affaire des coffres-forts  de Navin Ramgoolam
Le Directeur des Poursuites Publiques (DPP) fait appel contre le jugement rendu par la Cour intermédiaire, rayant les charges pesant contre l’ancien Premier ministre. 
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Des allégations de blanchiment d’argent pèsent toujours sur Navin Ramgoolam

6 février 2015 : Voici quatre ans que Navin Ramgoolam, ancien Premier ministre et leader du parti Travailliste avait été arrêté par la police. Rs 220 millions, dont Rs 60 millions étaient en coupures de dollars américains bien cachetés avaient été découvertes dans deux coffres-forts saisis à sa résidence à Riverwalk. En sus de Rs 220 millions, du moins neuf Black Cards – d’American Express, ainsi que plusieurs plaquettes de Viagra y avaient été saisies.

Une charge de blanchiment d’argent, sous les provisions de la Financial Intelligence Anti-Money Laundering Act (FIAMLA) de 2002, pèse sur le leader des Rouges. L’affaire est toujours prise en cour de justice. L’affaire ayant été appelée en Cour Intermédiaire, ce lundi 1er avril a été renvoyée au 14 juin 2019.

Il faut dire que l’affaire de transfert de fonds à Londres, suscitait déjà de la suspicion dans la presse plusieurs mois avant les élections générales de 2014. Dans sa livraison du 13 avril 2014, un hebdomadaire avait publié des photos exclusives, prises par  un Mauricien qui avait «croisé le Premier ministre de son pays déambulant comme un simple citoyen dans les rues de Londres.» « Relaxed like a man at home », décrivait le Mauricien surpris de sa rencontre impromptue.

« How are you Mr Banker ? »

«Sans protection rapprochée ni accompagnement particulier, ce qui contraste singulièrement avec le déploiement policier ostentatoire avec des agents postés à chaque 100 mètres sur son passage lorsque Navin Ramgoolam circule à Maurice.

S’il n’était pas accompagné, il se déplaçait toutefois dans une belle Rolls Royce à l’immatriculation personnalisée RR 10 RAM conduite par un chauffeur qui l’a attendu après qu’il soit descendu du véhicule avec à la main une belle mallette…», écrit l’hebdomadaire. Il est souligné que l’éboueur de service avait lancé à l’adresse de Navin Ramgoolam : « How are you Mr Banker ? » De ce fait, on peut se poser la question : pourquoi Mr Banker ? Qu’est-ce que cela signifie ?

Au fait, il était mentionné que ce dernier se rendait en fait «dans une petite boutique aux couloirs étroits, dans la rue, où il a semble-t-il ses habitudes.»

Effectivement, après son arrestation, à Maurice en février 2015, un quotidien à Maurice affirmait que par rapport à l’affaire de Blanchiment allégué «les transactions londoniennes de Ramgoolam intriguent.»

On faisait remarquer que Londres et Port-Louis travaillaient de concert depuis quelques semaines, déjà, en vue d’évaluer les propriétés et l’argent amassé par Navin Ramgoolam à Londres au cours de ces dernières années.

Liste préliminaire des comptes bancaires

Il est souligné qu’à la demande de la Financial Intelligence Unit (FIU), la National Crime Agency (NCA) de la reine Elizabeth II aurait déjà établi une liste préliminaire des comptes bancaires de l’ancien Premier ministre. Il est soutenu que la NCA aurait passé au crible, également, les différentes cartes d’achat délivrées par de grandes enseignes britanniques et françaises (store cards) au nom de Navin Ramgoolam.

Il est mentionné que cette instance soupçonnait que l’ancien Chef du gouvernement, «détenteur de la citoyenneté britannique, utilisait ces cartes pour y placer de grosses sommes d’argent sans avoir à se justifier sur leur provenance.» Par conséquent, il est révélé que Navin Ramgoolam possède 16 cartes émises par John Bell & Croydon, Harrods, Printemps, Selfridges, Barnes, Boots, Fnac, Sephora, entre autres.  Selon les recoupements, Navin Ramgoolam aurait alimenté ses cartes à intervalle régulier, ce qui lui évitait de déclarer cet argent au fisc.

Pis encore. Il est révélé que le leader du Ptr ne possède pas moins d’une douzaine de comptes bancaires au sein de quatre banques internationales et plusieurs cartes de crédit qu’il utilisait pour y verser de grosses sommes d’argent. «À Maurice, il en possède une vingtaine et il a remboursé jusqu’à Rs 4 millions, le 30 octobre 2013, rien que pour trois d’entre elles», a souligné le quotidien.

Black Cards – d’American Express

On faisait remarquer que les enquêteurs britanniques s’intéressent plus particulièrement aux Centurion Cards – communément appelées Black Cards – d’American Express, retrouvées dans les deux coffres-forts saisis de Navin Ramgoolam. De même qu’aux deux autres qui lui ont été délivrées au Royaume Uni.

S’agissant de la Centurion Card, il est souligné qu’elle n’est délivrée, à la demande, qu’à une élite fortunée déjà détentrice d’une Platinum Card. Le titulaire doit détenir des actifs totalisant 16,3 millions de dollars, soit plus d’un demi-milliard de roupies, et des revenus de 1,3 million de dollars, c’est-à-dire plus de Rs 46 millions. Les dépenses minimales sur cette carte sont fixées au seuil de 250 000 dollars, soit Rs 9 millions.

La question se posait : Comment un Premier ministre d’un petit pays comme Maurice pouvait-il donc se retrouver dans cette petite clique de la jetset internationale, qui peut s’arroger le droit de dépenser sans limites ?  Il est soutenu que la NCA aurait déjà obtenu des compléments d’informations auprès de l’Attorney General’s Office en vue de vérifier les différentes transactions de Navin Ramgoolam, à travers son comptable basé à Londres.

Selon nos recoupements, la NCA soupçonne que Navin Ramgoolam aurait a eu recours à des prête-noms pour effectuer différentes transactions à travers son comptable qui serait « le gardien d’un autre coffre-fort à Londres.»

Par ailleurs, on fait remarquer que la NCA s’intéresse aux présents effectués par Navin Ramgoolam  sur le sol britannique, ainsi que l’acquisition d’une propriété à Croydon, dans le Surrey.

Des allégations de blanchiment d’argent pèsent toujours sur Navin Ramgoolam