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Doit-on introduire le Sanskrit au secondaire ?

Arvind Bhagan, fondateur de « Sanskrit in Mauritian Schools » affirme que le ministère de l’Éducation ne s’oppose pas à l’introduction du Sanskrit au secondaire. Il explique que selon les responsables du ministère, cette langue orientale peut être introduite, cependant, il faut avant tout passer par différentes étapes. Selon Arvind Bhagan, il faut qu’il y ait au moins 11 élèves qui en font une requête et par la suite les parents devront écrire une lettre aux recteurs.

Toutefois, il évoque une situation « floue », car les recteurs affirment ne pas être au courant de la lettre et ajoutent qu’ils n’ont reçu aucune circulaire officielle.

Le fondateur de « Sanskrit in Mauritian Schools » pense qu’il est essentiel de rencontrer la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun pour faire avancer les choses.

Selon Arvind Bhagan, le Sanskrit fait déjà partie des « accepted languages » du pays. Il rappelle qu’auparavant il n’y avait pas de motivation pour étudier cette langue, mais qu’à présent ce n’est plus le cas. Il explique aussi que certains collèges proposent déjà le Sanskrit. Il y a notamment le Professor Basdeo Bissoondoyal, le Lycée Mauricien, le Mahatma Gandhi Institute et le collège DAV et les collèges opérant sous l’Arya Samaj. Cependant, il souligne que ce n’est pas le cas pour les collèges confessionnels et privés.

Il a également lancé une pétition en ligne pour introduire le Sanskrit dans les collèges. Une pétition ayant déjà récolté plus de 1 000 signatures. « We are achieving what we set out to do », affirme Arvind Bhagan.

Ce dernier souligne, par ailleurs, que le Sanskrit ne sera pas un fardeau car ce sera une langue optionnelle. De plus, il y a bon nombre de gradués en Sanskrit. « Zot kapav share zot time dan diferan kolez », indique-t-il.
Pour Bashir Taleb, président de la Fédération des Managers des collèges privés, il n’y a rien de mal à ce que le Sanskrit soit inclu en tant que langue additionnelle. Selon lui, c’est une langue ancestrale qui possède beaucoup de contenu philosophique de l’hindouisme.


Bashir Taleb soutient qu’il n’y a aucune contrariété pour introduire le Sanskrit aussi longtemps qu’il y a des enseignants dans le domaine. Il ajoute que cette langue orientale viendra enrichir notre riche héritage de langues orientales.
Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers Union (GHTU) estime que l’introduction du Sanskrit est louable. Pour lui, cela démontre qu’il y a une grande demande pour étudier la langue Sanskrit à Maurice. Cependant, il pense que cela nécessitera avant tout les infrastructures et l’enseignement appropriés.

Le président de la GHTU ajoute également que Leela Devi Dookun-Luchoomun devrait prendre en considération plusieurs aspects. Il est d’avis qu’il ne faut pas avoir de conflit entre des sujets tels que l’Add Maths ou l’Economie et des core subjects comme l’Anglais et le Maths. Il estime « qu’il ne faut pas embarrasser les élèves ».
Suttyhudeo Tengur pense aussi que nous ne rencontrerons pas de difficultés en ce qu’il s’agit des enseignants, car il y a déjà le Mauritius Institute of Education (MIE). « Nous avons aussi plusieurs gradués en Sanskrit à Maurice », fait-il savoir. Ce dernier explique également qu’il est nécessaire de mobiliser ces « ressources importantes ».
De son côté, Soondress Sawmynaden, président de l’Association des recteurs des collèges d’État n’a aussi aucune objection à ce que le Sanskrit soit introduit mais il se pose une question : « Est-ce-que nous avons assez d’enseignants ? »

Selon lui, pour promouvoir une langue, il faut avant tout donner l’occasion à tous les enfants de pouvoir entamer des études dans le domaine sans limiter leur choix.
Il estime que les autorités ont beaucoup diminué les chances des enfants  et c’est la raison pour laquelle il n’y a pas suffisamment d’éducateurs en langues orientales. Pour lui, le choix des élèves au secondaire a été largement limité.
Soondress Sawmynaden précise que beaucoup d’élèves n’ont pu poursuivre des études en langues orientales car leur choix a été très limité. La conséquence a été qu’il y a désormais un manque d’enseignants sur le marché.
« Si ti donn zot sans pu konitinye zot letid ladan, ti pu ena profeser lor marse », souligne-t-il. Le président de l’Association des recteurs des collèges d’État explique que le ministère de l’Education se retrouve ainsi dans un embarras.
Selon lui, il faut se servir des relations diplomatiques avec les pays amis tels que l’Inde. « Ces pays peuvent aider à dépêcher des enseignants jusqu’à ce que nous ayons suffisamment de professeurs pour nous aider à promouvoir les langues orientales. »
Doit-on introduire le Sanskrit au secondaire ?