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Échos du mois de mai…

Le mois de mai 2019 est un mois important à Maurice pour la plupart d’entre nous. Pour la population, mai annonce la tenue d’un nouveau scrutin, car le gouvernement achèvera avec succès son mandat de cinq ans en décembre avec des réalisations au-delà de toute imagination.

La masse reconnait que Pravind Jugnauth, Premier ministre depuis moins de trois ans, a fait du très bon travail jusqu’à présent, avec humilité et sans beaucoup de fanfares. Pour l’instant, il y a tout lieu de croire qu’il s’achemine rapidement vers un nouveau mandat, cette fois-ci pour cinq ans.

À partir de maintenant, la plupart des gens décideront également qui voter lors des prochaines élections. Déjà, les pourparlers, les blagues au coin de la rue, sous les arbres, les galeries des magasins et les lieux publics, entre autres, portent sur la politique, les réalisations du gouvernement, ses promesses faites et tenues. Dans les jours à venir, ces ragots vont prendre de l’ampleur jusqu’à ce que les urnes révèlent leur part de vérité après que la plupart des gens aient voté et accompli leur devoir civique.

Je dis la plupart d’entre eux parce que tout le monde ne va pas voter lors d’une élection générale. Environ 30%, voire plus de la population préfère rester chez elle ou aller au bord de la mer et profiter du jour férié. Ceux qui se font élire ne les concernent pas, bien qu’ils seront parmi les premiers à critiquer, à trouver la faute et à se livrer à des querelles. Ils sont le lot irresponsable de la population. Rien ne les changera si le vote n’est pas obligatoire, ce qui n’est pas le cas à Maurice.

Ensuite, il y a ceux qui votent sans une opinion éclairée. Pour eux, les considérations de caste, d’ethnie et de communauté prévalent sur toutes les autres considérations. Ils ne votent pour aucun programme, mais pour «nou dimoun»–les nous banismes. C’est les électeurs sectaires, tout aussi irresponsables et dangereux pour la paix, l’harmonie et l’unité dans le pays. Espérons qu’ils ne sont pas nombreux.

Et pourtant, je ne les en blâme pas. Ce n’est pas leur faute. La racine remonte aux élections générales de 1948, lorsque le pouvoir est passé des riches négociants et planteurs aux enfants des ouvriers et des artisans. Cette année-là a été marquée par l’émergence de la bigoterie communautaire. Une communauté importante n’était pas représentée au Conseil de gouvernement. La peur d’être laissée de côté, imprégnée au sein de cette communauté, et même parmi les autres, qui pensaient pouvoir se retrouver dans la même situation à l’avenir. Depuis, le clivage communal s’est élargi. C’est triste. Nous n’avons pas réussi à construire une véritable nation mauricienne unie.

Le mois de mai a également révélé la force numérique de tous les partis politiques. Les alliances gouvernementales (MSM et ML) ont attiré la plus grande foule, suivies du parti travailliste, du MMM et du PMSD, et d’autres petits partis comme le Parti Réformiste et le Parti Malin. Tout le monde semble être heureux. Beaucoup espèrent que ces rassemblements ouvriront la porte à la politique de coalition et à la poursuite des négociations.

Eh bien, quoi qui s’en suit, espérons que ce sera dans l’intérêt supérieur de la nation.

Échos du mois de mai…