Edito - L'indépendance : Ce n'est pas la célébration d'un seul homme !
Actualités Edito Editor's Picks

Edito – L’indépendance : Ce n’est pas la célébration d’un seul homme !

La nation mauricienne célèbre, ce mardi, l’Indépendance du pays, qui commémore le moment si particulier et hautement symbolique lorsque notre quadricolore fut hissé pour la toute première fois dans le ciel mauricien le 12 mars 1968.

Synonyme de la fin du règne des Britanniques, ce moment restera, pour l’éternité, un point focal de l’histoire de notre pays. La proclamation de l’Indépendance de l’île a été, en effet, le couronnement d’une glorieuse épopée de lutte contre le colonialisme. Celle-ci a été jalonnée de sacrifices et de prouesses gravés dans les annales.

La fête de l’Indépendance est certes une commémoration d’une page glorieuse de notre histoire contemporaine, mais elle est surtout ponctuée d’enseignements pour les générations futures.

Plus d’un demi-siècle après, les jeunes se doivent, en effet, méditer davantage sur le sens et la portée de notre Fête nationale, pour en sortir quelque chose de profond, au-delà des festivités diverses et variées organisées sur tout le territoire national et d’outre-mer.

51 ans après… c’est la liberté certes, mais c’est surtout le choix de la responsabilité. Cette liberté ne devient véritablement un acquis que lorsque la nation fait un pari ambitieux : celui d’une volonté plus qu’inébranlable d’aller toujours vers le progrès social et économique pour un bien-être durable.

Est-ce la célébration d’un seul homme ? Non ! C’est grâce au courage, à la bravoure et aux combats impavides menés par des dignes fils et filles de l’île Maurice que notre pays est devenu souverain et maître de son avenir. À ce moment-là, l’Indépendance de Maurice, c’est surtout l’œuvre de tous ceux qui se sont battus dans l’ombre. Et donc, célébrer cette fête d’indépendance, c’est une façon de rendre hommage à ces braves hommes et femmes qui se sont battus corps et âme pour une île Maurice libre et plurielle. Sans exception aucune…

Malheureusement, ces Hommes pour beaucoup, ont été jetés aux oubliettes. La preuve en est palpable ! Si on évoque Razack Mohamed, Guy Rozemont, Pandit Sahadeo, les frères Bissoondoyal, Gurudutt Moher, Jean Georges Prosper ou encore Philippe Gentil, ce sont des noms qu’on a bien trop vite biffés. Parler de l’Indépendance de l’île Maurice sans mentionner ces pionniers serait une grossière erreur, qui risque de corrompre ou biaiser la connaissance historique de notre jeunesse.

On a l’impression qu’on célèbre un seul homme et ses acquis, entre guillemets. Le 12 mars ne devrait-il pas être, entre autres, la célébration des valeurs intangibles et citoyennes des Mauriciens, parfois anonymes, qui se sont distingués afin de faire flotter l’étendard de la liberté…

Vive la République ! Vive l’île Maurice ! Bonne fête à tous…

Edito – L’indépendance : Ce n’est pas la célébration d’un seul homme !