Fléau de la drogue : l’engagement des parties prenantes crucial
(de gauche à droite) Brian Pitchen, Dharam Gokhool, Vinod Seegum et Lysie Ribot
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Fléau de la drogue : l’engagement des parties prenantes crucial

La consommation de drogue parmi les jeunes ne fait que s’amplifier. La drogue a déjà atterri dans les établissements scolaires. Toutefois pour combattre ce fléau qui fait de plus en plus de victimes, l’engagement des parties prenantes demeure crucial.

Brian Pitchen, président de Espoir Revivre Barkly affirme que la situation est alarmante.

« La drogue synthétique a envahi le pays »,

dit-il. Il pense que le gouvernement doit cerner le problème en adoptant une approche « multisectorielle ».

Mettre en place un comité

Brian Pitchen préconise la mise en place d’un comité, composé des responsables du ministère de l’Education, du ministère de la Jeunesse et des Sports, du ministère de la Santé, de la Parents Teachers’ Association (PTA), de la police et toutes les parties prenantes. « Le comité doit instaurer un School Drug Master Plan ». Il explique aussi que la prévention doit se faire depuis très tôt, soit au niveau du primaire.

Fléau de la drogue : l’engagement des parties prenantes crucial
Brian Pitchen, président de Espoir Revivre Barkly

Le responsable de Espoir Revivre Barkly pense qu’il faut avoir des programmes adaptés au sujet du fléau de la drogue dans le cursus scolaire. Il parle aussi des activités extracurriculaires après les heures de classe.

Dans la foulée, Brian Pitchen déplore que les centres de jeunesse et les centres communautaires ferment leurs portes à 16 heures. Il est d’avis qu’il faut restructurer les centres sociaux et revoir les heures de fermetures. Selon lui, des programmes Spécial Vacances sont certes essentiels mais ce n’est pas suffisant. « Ces programmes doivent se poursuivre au cours de l’année et non seulement durant les vacances », fait-il savoir. Il affirme également que du côté du ministère de la Jeunesse et des Sports, le ministre a toujours mis l’accent sur le sport et moins sur la jeunesse.

D’autre part, Brian Pitchen ajoute que dans chaque zone, il doit y avoir un comité ou un Observatoire de la Drogue au sein des écoles. « Les ONGS aussi eux ont leur rôle à jouer…sakenn ena so par », fait-il valoir.

Pour Vinod Seegum, président de la Government Teachers’ Union (GTU, le fléau de la drogue n’a pas encore pris de l’ampleur au niveau du primaire mais plutôt au secondaire. Il pense que la conscientisation à ce sujet doit se faire lors de l’assemblée du matin, car, selon lui, c’est le moment propice pour que les maîtres d’écoles abordent ce dossier « pertinent ».

Fléau de la drogue : l’engagement des parties prenantes crucial
Vinod Seegum, président de la GTU

Le président de la GTU est également d’avis qu’il devrait avoir une poignée d’enseignants qui tacleront ce sujet. Vinod Seegum parle ici des exposés ou des sessions d’échanges sur la drogue.

Nous avons aussi parlé à Dharam Gokhool, ancien ministre de l’Education. Pour lui, l’ensemble du gouvernement, l’église catholique, le syndicat des Collèges et les travailleurs sociaux, sont conscients que le phénomène de la drogue a pris de l’ampleur.

Il déplore toutefois que la ministre de l’Education n’a, dans un premier temps, pas reconnu ce problème. « C’était grave », indique-t-il. « Kan dimunn in atir latansyon, lerla linn reaziste so propos », fait-il savoir.

« On ne peut nier que ce phénomène est bel est bien présent »

Dharam Gokhool affirme qu’on ne peut nier que le fléau de la drogue est bel et bien présent. « Si on le nie, on est des personnes irresponsables », s’insurge-t-il. Ce dernier pense que les solutions proposées par le ministère de l’Education ne seront pas bénéfiques. Il pense que pour résoudre cette situation dangereuse, il faut avant tout impliquer toutes les parties prenantes.

Fléau de la drogue : l’engagement des parties prenantes crucial
Dharam Gokhool, ancien ministre de l’Education

L’ancien ministre de l’Education estime que la participation de la PTA, de la brigade des mineurs et des organisations œuvrant dans ce secteur demeurent essentielle. « Il faut mettre en place une équipe multidisciplinaire », précise-t-il. Selon lui, les choses se font à présent « au petit bonheur » et de façon « fragmentaire ».

Un redressement de la situation prendra du temps 

Dharam Gokhool explique qu’un redressement de la situation prendra certes du temps. Pour lui, il faut régler en même temps le problème d’indiscipline. « L’indiscipline coexiste avec le fléau de la drogue ». L’ancien ministre pense que si le problème d’indiscipline n’est pas réglé, on ne pourra régler le problème de drogue.

Conscientiser les enfants dès le primaire 

Lysie Ribot, présidente de la Secondary and Preparatory School Teachers and Other Staff Union estime, quant à elle, qu’il faut inclure l’éducation en matière des fléaux de la drogue dans les écoles. Elle est d’avis qu’il faut conscientiser les élèves sur les dangers liés à la drogue à travers des exposés ou des conférences. Il faut surtout inclure la PTA, les anciens élèves aussi bien que le Student Council.

Fléau de la drogue : l’engagement des parties prenantes crucial
Lysie Ribot, présidente de la Secondary and Preparatory School Teachers and Other Staff Union

Selon elle, il faut commencer au primaire. « Si kumanse depi pli zen li pli bon », fait-elle savoir. Elle explique que même si les élèves du primaire ne sont touchés par ce fléau, il ne faut pas exclure la possibilité qu’ils soient entourés de ceux qui consomment de la drogue.

Lysie Ribot affirme qu’il faut des personnes bien formées dans le domaine pour aider les enfants. « Il faut sans aucun doute la collaboration des enseignants », nous dit-elle.

La présidente de la Secondary and Preparatory School Teachers and Other Staff Union parle aussi de la formation des enseignants. Elle est d’avis que les enseignants doivent pouvoir répondre à certaines questions : « Comment détecter les premiers signes qu’un enfant est victime du fléau de la drogue ? Que faire ensuite ? Vers quse tourner ? »

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