Future Textile – Atma Shanto : «Qu'on présente les amendements à l’ERieA et à l’EReA au Parlement»
Informé de cette démarche des employés, le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, tient en ce moment une réunion, convoquée en toute urgence à son bureau au 9e étage.
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Future Textile – Atma Shanto : «Qu’on présente les amendements à l’ERieA et à l’EReA au Parlement»

Les employés licenciés mauriciens, soutenus par un groupe de leurs collègues malgaches et bangladeshis, ont tenu, comme convenu, un rassemblement devant le siège du ministère du Travail, des Relations Industrielles et de l’Emploi, à Victoria House, ce vendredi 19 avril. Informé de cette démarche des employés, le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, tient en ce moment une réunion, convoquée en toute urgence à son bureau au 9e étage.

Face au drame humain que vivent les employés licenciés de Future Textile, le négociateur Atma Shanto et président de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU) réclame que les amendements à deux lois du Travail, à savoir l’Employment Right Act (ERieA) et à l’Employment Relations Act (EReA) soient présentés à l’Assemblée Nationale et suivis des débats dans les meilleurs delais.

«Nou ena zenfan pou soigne. Nou  ena zenfan ki ale université. La fami endette. Ki pou ale dir la bank ? Ki pou ale dir magazin ?», se demande le président de la FTU. Il a insisté que le gouvernement ne pourrait pas rester impassible devant ce drame humain que vivent les employés licenciés et les souffrances endurées par ceux-ci.

Faisant état d’une réunion qu’il a actuellement, avec le ministre Callichurn, Atma Shanto insiste : «Nou pou reklam nou temps de service ki nou finn travail.» Selon lui, les employés qui se retrouvent sur le pavé passent des nuits cauchemardesques.

Abordant de rencontres qu’il a eues avec les trois groupes des employés licenciés : Bangladeshis, Malgaches et Mauricien, le négociateur Shanto dit rester perplexe que les ouvriers bangladeshis et malgaches ne font pas cause commune avec leurs collègues mauriciens. «Je crois qu’il y a eu intimidation sur les Bangladeshis et Malgaches. Le comble est que pas plus tard que cette semaine, ces ouvriers étrangers ont révélé qu’ils sont dépourvus de gaz ménager pour cuire à manger. Leurs conditions de logement sont précaires», énumère Atma Shanto.

Mme Ramdass, un cadre du ministère du Travail est venue rejoindre Atma Shanto au rez-de-chaussée pour l’accompagner au bureau du ministre Callichurn.

Lors de la réunion qu’il allait avoir avec le ministre du Travail, il promet qu’il envisage d’aborder plusieurs questions, plus particulièrement les amendements apportés à deux lois du Travail susmentionnés. «Bizin ena draft Bill ek debat o nivo l’Assemble Nasyonal. Li malheure ki gouvernema finn fer confians a enn dimoun…»,  insiste Atma Shanto.

De leur côté, les employés licenciés ont fait des témoignages sur leur vécu. «Mo sagrin mo finn perdi mo travay. Depi 7 an mo travay pou Future Textile. Mo mari na pa travay. Mo tousle mo bizin debrouille», confie Veena Hurrypaul, 57 ans, domiciliée à Poste de Flacq. Tonnant dans le même sens, Shivraj Jumangalsingh raconte son calvaire : «Depuis l’ouverture de Future Textile, voici 7 ans, j’ai travaillé à cette usine jusqu’à que je reçoive ma feuille de route mardi 16 avril. Aujourd’hui, je retourne à zéro. Chaque travail que j’ai exercé à l’usine, j’ai fini sur le pavé. Ce n’est pas facile.» Cette semaine, il confie d’avoir été contraint de travailler un jour comme laboureur. «Je suis le seul qui travaille au sein de la famille. Mes enfants poursuivent des études à l’étranger. A quatre reprises, j’ai changé d’usine. Je ne sais plus où aller», se demande-t-il.

De leur côté, les deux sœurs Ramdin,  Shika et Karishma, âgées de 23 et 25 ans, respectivement, domiciliées à Lallmatie, elles racontent leurs misères. «Dès que j’ai terminé mon HSC, j’ai intégré Future Textile en tant que Merchandiser. Après quatre ans, je me retrouve chômeur»,  déclare Shika Ramdin. Lui emboitant le pas, Karishma Ramdin, Storekeeper fait état des responsabilités familiales qui reposent sur elle et sa sœur : «Notre père a déserté le toit familial. Ma maman est souffrante. Nous avons un frère cadet. En sus de veiller sur lui, on doit assurer son éducation. Ma sœur et moi, nou mem zom dan la kaz ! Nous sommes les bread winners», confesse Karishma Ramdin.

Quant à Reshma Gopaul, 39 ans, Supervisor, habitant de Camp de Masque, elle verse ses larmes en racontant son cas : «Je n’ai plus de maison, car la maison familiale a été vendue. Ma famille et moi, nous sommes hébergés chez un parent proche. Aujourd’hui, je perds mon emploi, cela après 7 ans.» Elle souhaite que le ministre du Travail puisse intervenir en sa faveur et celle de tous ses collègues.

Future Textile – Atma Shanto : «Qu’on présente les amendements à l’ERieA et à l’EReA au Parlement»