Il est surtout conseillé de ne pas construire sur les drains ou en dessous du niveau de la route ou au bas d'une pente.
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Inondations : les autorités veillent au grain les constructions «sauvages»

Les inondations causées par les pluies torrentielles du week-end dernier n’ont pas épargné les habitants de Terre-Rouge, à Le Hochet et Albion. En effet, beaucoup de maisons ont été envahies par les eaux et des effets personnels ont été endommagés. Selon les experts en construction, ces inondations auraient pu être évitées s’il n’y avait pas de constructions «sauvages». Avec la Local Government (Amendment) Act, les autorités veillent au grain les contrevenants

Les constructions sauvages : un bien pour un mal

René Lafond, secrétaire syndical de la Construction, Metal, Workers and Related Industries Employees Union (CMWRIEU) est catégorique. Il tient pour responsable les constructions sauvages de certaines maisons qui sont effectuées «sans okenn survey ek letudes» avant d’octroyer le permis de construction. Selon lui, les procédures pour l’obtention d’un permis prennent trop de temps et donc ceux qui n’ont pas les moyens et n’ayant aucune notion dans le secteur de la construction et d’architecture décident de construire eux mêmes leurs maisons comme bon leur semble. «Zot pas pou guett reglema zot, pourvi zot gayn enn place pou rester», explique René Lafond. Toutefois, c’est souvent un bien…pour un mal! Les eaux pluviales se frayent un chemin là où c’est plus accessible.

D’ailleurs, le secrétaire de la CMWRIEU énumère les différentes erreurs que font nombre de Mauriciens. «Ena bokou pe konstruire zot lakaz plis bas ki chemin, ou kot montagne ou bien pres ar la riviere, beh délo pou desann kot zot mem kan ena gro lapli», fait-il ressortir.

Compliant notice : les inspecteurs ne feront pas de cadeau

Du coté de la municipalité, le lord-maire, Daniel Laurent assure qu’aucune construction ne peut se faire sans un permis de la mairie. Il explique qu’au niveau des municipalités, les officiers s’assurent que toutes les normes sont respectées avant d’octroyer le permis. «Zot bizin soumettre tout zot plan ek bann documents necessaires lerla bann officiers al sur place pou verifier si kapav construire ek dernier ler ki nu donn permis si tou en regle», affirme-t-il. Selon lui, ce sont des ingénieurs qui se chargent de vérifier si les demandes de permis construction ne sont pas dans des endroits à risque. Si c’est le cas, ils effectuent un rapport et les permis ne sont pas octroyés.

Il explique qu’il y a aussi ceux qui font fi des règlements malgré les lois existantes et ne construisent pas selon les normes. Depuis l’introduction des nouvelles législations, en octobre dernier, plus d’officiers sont déployés et font régulièrement des visites sur le terrain pour inspecter les maisons et vérifient qu’elles respectent les normes. Si tel n’est pas le cas, un «compliant notice» est servi aux contravenants qui doivent s’acquitter d’une amende de minimum Rs 50 000. Il ajoute que pour toute construction, un permis est nécessaire. « Si enn dimounn pe envi konstruire enn muraille ou enn la varangue ou n’importe qui construction ou oblize ena enn permis sinon la cour kapav ordonn kraz bann construction illégale et non avalisée », soutient le lord-maire.

Amendes entre Rs 100 000 et Rs 500 000 en cas d’infraction..

En effet, depuis le 11 octobre dernier, les amendements apportés à la Local Government Act par la vice-première ministre, Fazila Jeewa-Daureeawoo sont entrés en vigueur.. Ceux-ci visent à sanctionner les responsables de constructions illégales, particulièrement des travaux entrepris sur des drains, des cours d’eau ou sur les berges des rivières. D’ailleurs, des inspecteurs sont déplyés dans les 12 collectivités locales pour  vérifier que les maisons soient construites dans les normes.

Les contrevenants risquent :
  • une amende de Rs 50 000 pour ceux qui entament une construction sans être munis d’un Building and Land Use Permit. Ils auront pourront un délai de 30 jours pour tout régulariser.
  • Les amendes varieront entre Rs 100 000 à  Rs 500 000 selon la gravité de l’infraction, comme stipulé par la Local Gouvernment (Amendment) Act.
  • Une collectivité locale pourra faire une demande de  démolition  devant une cour de justice dans la mesure où la construction a été effectuée sur un cours d’eau ou pour toute autre construction jugée dangereuse. A noter que c’est le propriétaire qui devra payer les frais pour la démolition de son bâtiment illégal.

Quelques conseils pratiques avant de construire votre maison

Un ‘information desk’ a été mis à la disposition des citoyens dans les municipalités pour tout renseignement et information avant d’entamer une construction quelconque. Toutefois, pour ceux qui projettent de construire leur maison prochainement, René Lafond, secrétaire syndical de la Construction, Metal, Workers and Related Industries Employees Union (CMWRIEU) conseille de bien faire attention à certains détails avant d’aller de l’avant avec la construction notamment :

  •  S’assurer que le climat de l’endroit et l’environnement soient convenables pendant les périodes de changements climatiques
  • Éviter les zones à risque (berges des rivières, lac, montagne, collines, ponts…)
  • Solliciter un expert pour vérifier si la terre est bien imperméable et absorbe l’eau
  • Utiliser des matériaux adéquats, bien résistants (qualité du béton, etc)
  • Un bon architecte pour étudier les plans et faire provision en cas d’inondation (évacuation d’eau, drains, etc)
  • Ne surtout pas construire sur les drains ou en dessous du niveau de la route ou au bas d’une pente.
  • Ne construisez pas de mur de séparation n’importe où sans l’avis d’un expert et l’autorisation de votre collectivité locale.

Inondations : les autorités veillent au grain les constructions «sauvages»