La CMT préconise la suppression de 5 000 emplois dans les trois prochaines années
C’est ce qu’ affirmé le Managing Director de la CMT, François Woo lors de la visite du président de la République du Mozambique, Filipe Jacinto Nyusi, dans son entreprise à la Tour Koenig, le jeudi 31 janvier.
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La CMT préconise la suppression de 5 000 emplois dans les trois prochaines années

Les dès sont jetés pour la Compagnie mauricienne de Textile (CMT). Le plus plus grod employeur à Maurice avec 10 000 employés procédera à une suppression 5 000 emplois, soit 50% de son personnel au cours des trois prochaines années. C’est ce qu’ affirmé le Managing Director de la CMT, François Woo lors de la visite du président de la République du Mozambique, Filipe Jacinto Nyusi, dans son entreprise à la Tour Koenig, le jeudi 31 janvier.

En dépit des profits de l’ordre de 908,9 millions sur deux ans, la CMT a laissé entendre que les coûts de production sont trop élevés à Maurice, ainsi que les « blocages administratifs »  pèsent lourds. Il nous revient que ce sont ces deux principales raisons qui poussent le géant du textile mauricien à se délocaliser.

Voici une dizaine d’années, en conséquence de certains mouvements de grève au sein de son entreprise, avec en relief la délocalisation d’autres entreprises vers d’autres cieux, notamment à Madagascar et Bangladesh, couplée de gros risques de licenciements, ou encore la polémique qu’il y aurait trop d’employés étrangers à Maurice, François Woo était l’un des premiers employeurs à tirer déjà la sonnette d’alarme. «Ce sont des employés étrangers qui préservent l’emploi de Mauriciens», soutenait-il dans une déclaration à la presse.

Aujourd’hui, il a concède que la «situation est inévitable.»  Le No 1 de la CMT avance l’argumentation que l’environnement du travail ne serait plus propice à opérer à Maurice : « Je crois que c’est une mouvance normale et irréversible. Nous sommes dans l’ère de la mondialisation. De nos jours, personne ne se pose la question, où un produit a été confectionné.» Soulignant que la compétition est mondiale, François Woo a réitéré : «Nos coûts de production sont plus élevés à Maurice. Nous sommes moins compétitifs. Ajouter à cela, il y a des blocages administratifs»

«Si le pays ne croit plus au textile, comment pourrons-nous y croire ?», s’est demandé François Woo en présence du président du Mozambique. Tout en affirmant que la direction de la CMT est en pourparlers avec les autorités concernées et autres instances décisionnelles, il a prévenu : «Si nous ne faisons pas attention, nous courons le risque de nous retrouver en face des locaux vides.»

Il est un fait que la CMT importe du coton du Mozambique depuis des années. De ce fait, François Woo a évoqué la possibilité de la CMT se de délocaliser au Mozambique d’ici quelques années. «Cela d’autant plus que le Mozambique possède de la main-d’oeuvre, de l’énergie et de l’espace. Quant à Madagascar, le gouvernement offre davantage de facilités et autres mesures incitatives», a renchéri le Managing Director de la CMT.

De son côté, dans son allocution, le président Filipe Jacinto Nyusi a exprimé le vœu que la CMT puisse s’implanter au Mozambique.

En sus de ses 10 000 employés à Maurice, il est souligné que la CMT compte 7 500 employés au Bangladesh et 2 500 employés à Madagascar. La CMT compte au total 22 unités de production à Maurice, Madagascar et Bangladesh.

En revanche, à ce stade, certaines sources parlent d’une éventuelle délocalisation au Bangladesh, où le coût de la main-d’œuvre est moins élevé qu’à Maurice. Mais, François Woo ne veut dire par rapport au pays de son choix et encore moins sur l’échéance de la délocalisation.

La CMT préconise la suppression de 5 000 emplois dans les trois prochaines années