La Fédération internationale prend en main l'affaire Rosario Marianne
De gauche à droite : Samuel Bousoula, Rosario Marianne, Anndora Asaun et Loic Bhugeerathee
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La Fédération internationale prend en main l’affaire Rosario Marianne

On devra s’attendre à des développements majeurs dans le bras de fer opposant les athlètes, Rosario Marianne et Anndora Asaun dans les jours, voire les heures qui viennent. En effet, nous apprenons que l’instance suprême du handisport, l’International Paralympic Committee (IPC) mène une enquête depuis mercredi dernier sur cette affaire qui défraie la chronique depuis plusieurs mois. On n’écarte pas la possibilité de voir débarquer des émissaires de l’IPC dans les prochains jours avec pour mission d’enquêter et faire un état des lieux de la situation. Ce qui sera une première pour le handisport mauricien.

Des sources soutiennent que plusieurs membres et anciens membres du National Paralympic Committee (NPC) auraient déjà été interrogés dans le  cadre de cette affaire. Pour l’heure, souligne-t-on, l’IPC recueille des informations avant de confronter le secrétaire et le vice-président du NPC aux faits. Notons que ces postes sont occupés par Dominique Pancham et Reynolds Permal respectivement. Ces propos sont confirmés par Jean-Marie Malépa, membre du NPC et président de la Mentally Sports Federation for the Disabled.

« J’ai effectivement été consulté par un haut cadre de l’IPC pour donner ma version des faits sur cette affaire. Je lui ai aussi dit que je n’ai pas été convoqué aux réunions depuis plusieurs mois, ce qui est parfaitement illégal », soutien Jean-Marie Malépa. « Je dis haut et fort que je conteste cette décision de NPC de ne pas accorder de licences aux guides de ces deux athlètes. C’est une honte pour le handisport et pour le mouvement sportif d’en arriver là. C’est une honte avec d’un coté le gouvernement qui investit gros pour encourager la population à  pratiquer du sport et de l’autre de voir un athlète qui se bat pour avoir le droit de le faire », ajoute-t-il, tout en soutenant avoir soulevé d’autres problêmes relatifs à la gestion du NPC, sans nous en dire plus.

Trois mises en demeure sur le VHPSF

Parallèlement à l’enquête instituée par la Fédération internationale, il faut savoir que trois mises en demeure ont été servies à la Visually Handicapped Persons Sport Federation (VHPSF) jeudi dernier. Ces ‘papiers’ ont été servis à Reynolds Permal et à Dominique Pancham, tous deux dirigeants de la VHPSF.

Les athlètes, Anndora Asaun et Rosario Marianne et leur guide respectif, Loic Bhugeerathee et , Samuel Bousoula, ont, par l’entremise de leur avoué, Rajendra Appa, demandé à la Fédération de revenir sur plusieurs décisions.  Rosario Marianne reproche à la VHPSF de les avoir exclu de la sélection des Jeux des iles de l’Océan Indien. Leurs guides, par contre, en veulent aux deux dirigeants de la Fédération d’avoir refusé de leur délivrer de licence fédérale, contrairement aux dispositions de la Sports Act. En effet, en consultant ce document, sur la section 3(C), on constate qu’une « national Sports Federation shall issue a licence to a Mauritian athlete not being a member of the sports Club responsible for an individual sports Clubs, who wishes to participate in a competition ».

Or, quelques jours plus tot, Loic Bhugeerathee et Samuel Bousoula avaient recu une lettre, signée de Dominique Pancham, arguant que la demande de licence a été rejetée vu que : « only guide runners who are affiliated to the VHPSF who are granted guide runner license ».

Lourdes conséquences…

L’entêtement de ces deux dirigeants à pénaliser les athlètes, pourrait avoir des lourdes conséquences sur le handisport local dans son ensemble. Car en effet, si durant leurs enquêtes les émissaires de la Fédération internationale confirment les dires de certains dirigeants sur des cas de mauvaise gestion, voire de mauvaises utilisations de fonds, ils pourraient recommander la suspension pure et simple de la reconnaissance de l’instance internationale.

Pour faire simple, l’affaire Rosario Marianne pourrait être l’arbre qui cache la forêt, si l’on se tient à la façon dans les enquêteurs dirigent leur investigations.

Quoiqu’il en soit, c’est peut-être la lumière au bout du tunnel pour ces athlètes qui se battent depuis plusieurs mois rien que pour avoir le droit de pratiquer du sport.

La Fédération internationale prend en main l’affaire Rosario Marianne