Le projet de Cap-Malheureux By-pass continue à faire polémique
Le député Sudesh Rughoobur: «Je lui fais fortement une demande pour qu'il revoie et qu'il reconsidère cet alignement afin que nous puissions au moins sauver les 100 arbres qui, autrement, devraient être abattus à la suite de ce projet de Cap Malheureux By-Pass.»
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Le projet de Cap-Malheureux By-pass continue à faire polémique

Le projet routier Cap-Malheureux By-pass, reliant la route Mont Choisy/Cap-Malheureux à Anse-La-Raie sur une distance de 3,3 km au coût de Rs 200 millions et nécessitant l’abattage de 135 arbres, dont une centaine de filaos continue à faire polémique. Ce projet préconise l’aménagement d’un rond-point sur la route côtère, à l’endroit communément appelé Triangle des Filaos, à hauteur de l’hôtel Coin de Mire.

Le député du PMSD, Adrien Duval qui intervenait lors d’une conférence des Bleus, samedi 17 novembre, a soutenu : «Le député Sudesh Rughoobur, élu de la circonscription No 6 (Grand-Baie/Poudre d’Or) n’a d’autre choix que de démissionner de l’Assemblée nationale. Li pa capav manze banane dan deux boute. Li pran posisyon kont proze la route, apre li assiz trankil dan kan mazorite dan Parleman.»

Rappelons que le 2e député de No 6 a pris position contre le projet d’abattage des filaos susmentionnés sur la tracé du Cap-Malheureux By-pass, lors d’une radio privée, au début de novembre. Il se faisait le porte-parole d’un groupe d’habitants de la région de Cap-Malheureux, St François et Anse-La-Raie qui se mobilisait en marge d’une protestation pacifique. Ces personnes se disaient être dépourvues d’informations par rapport à ce projet.

«[…] On cache quelque chose derrière ce projet»

Le député du PMSD, Salim Abbas Mamode, également, était de la partie lors de cette rencontre. Dans une déclaration à Inside News, il s’est interrogé sur le bien fondé d’une telle route qui allait traverser cette plage retirée du littoral nord. «En tant qu’ancien Scout Boy, je vois qu’on cache quelque chose derrière un tel projet de route», a affirmé Salim Abbas Mamode.

Alors que les milieux du Service des Bois et Forêts on dit ignorer la décision d’abattage d’arbres en marge de ce projet de By-pass à Cap-Malheureux, l’Environnement qui insistait de ne pas en être au courant, a donné l’assurance que dans tout projet d’abattage d’arbres, le ratio 1 :3 doit être appliqué, c-à-d «pour chaque arbre abattu, trois doivent être replantés.»

Sudesh Rughoobur a soulevé la question avec le ministre des Infrastructures publiques et des Transports terrestres, Nando Bodha, à l’Assemblée nationale, le 9 novembre dernier. «Ma demande concerne le projet de Cap Malheureux By-pass. Le ministre sait sûrement que personne n’est contre le projet de By-pass. La protestation concerne l’abattage d’arbres dans cet alignement sur une distance de près de 3,3 km et nous nous sommes réunis hier (Ndlr : 8 novembre). Au cours de cette réunion, bien entendu, les membres de la société civile ont exprimé leur préoccupation face à l’abattage de près de 125 arbres sur le site»,  a affirmé Sudesh Rughoobur au Parlement.

«Voir si cet alignement peut être revu»

Soulignant qu’Anse La Raie est l’un des rares endroits, «où des habitants du nord se réunissent régulièrement avec leurs familles durant les week-ends et les vacances pour se divertir », il a formulé une demande  à Nando Bodha de « bien vouloir voir si cet alignement peut être revu. » « Une proposition a également été faite à son ministère. Je lui fais fortement une demande pour qu’il revoie et qu’il reconsidère cet alignement afin que nous puissions au moins sauver les 100 arbres qui, autrement, devraient être abattus à la suite de ce projet de Cap Malheureux By-Pass»,  a maintenu Sudesh Rughoobur.

Compte tenu du fait que le temps alloué aux «matters raised» est sur le point d’être écoulé, le ministre Nando Bodha a promis de faire déclaration ultérieurement. Toutefois, il s’est dit « choqué et attristé par la façon, dont le député a mentionné un certain nombre de sujets, un certain nombre de choses qui ont été dites à l’extérieur de la Chambre…»

Il a expliqué que : «Ce projet concerne une route de 5,8 mètres de large avec huit virages dangereux, quatre virages à 90 degrés et 83 virages, où de nombreux accidents ont survenu. Un By-Pass est un By-Pass et le By-pass a été fait uniquement pour relier Grand-Baie/Cap Malheureux à Anse La Raie. Tant de choses fausses ont été dites. La route côtière restera la route côtière, l’accès à la plage restera accessible au public.»

Manifestation pacifique

Insistant qu’il n’a pas de propriété à proximité de cette route, Nando Bodha a souligné :«Désormais, 135 arbres sont censés être abattus. Que s’est-il passé? Le By-pass rejoint la route côtière. Nous devons donc agrandir la route des deux côtés pour pouvoir tourner à gauche et à droite. Maintenant, nous abattons 100 filaos, nous replanterons 400 arbres tout au long de cette déviation.» S’agissant de la société civile, dont a fait mention le député Rughoobur,  le ministre Bodha a révélé : «Elle  était composée de onze personnes et de trois de mes techniciens.»

«En sus d’une EIA, nous avons une autorisation Ramsar pour ce projet. Nous faisons ce qui doit être fait, nous planterons 400 arbres. Je donne ma promesse à cette Assemblée pour cela», a rassuré Nando Bodha.

Le groupe d’habitants est revenu à la charge, samedi 17 novembre, sur la plage d’Anse-La-Raie pour faire entendre leurs griefs par rapport à ce projet Cap-Malheureux By-pass. Arguant qu’ils ne s’opposent pas au développement de leur village, ils maintiennent qu’ils ne comprennent pas pourquoi les autorités iront de l’avant avec l’abattage de «ces magnifiques arbres» au profit d’une déviation routière. Aussi, ils se demandent comment expliquer qu’une nouvelle route sera aménagée sur des zones humides («wetlands»). 

Le conseil de village de Cap-Malheureux et les Forces Vives de St François, Calodyne et Anse-La-Raie ne sont pas du même avis par rapport à ce projet de by-pass. Alors que le président de Cap-Malheureux a exprimé son optimisme, celui des Forces Vives en a fait état de scepticisme.

Déplorant l’absence de communication avec la communauté des villageois, ils disent être dans le flou par rapport à ce projet. Selon eux, jusqu’ici, ils n’ont entendu que des rumeurs. Selon eux, le but ultime de cette route est de promouvoir la réalisation d’autres projets hôteliers et villas luxueux sur cette partie du littoral nord, minée par une forte concentration touristques.  A ce stade, ils disent constater des ouvriers de la société Transinvest Construction s’atteler à la tâche sur le site pour défricher le terrain à hauteur de l’hôtel Tui Sensimar Lagoon Mauritius.

En sus d’une pétition qu’ils adresseront aux autorités et autres instances décisionnelles à brève échéance, les contestataires disent envisager une manifestation pacifique dans les jours qui viennent.

Le projet de Cap-Malheureux By-pass continue à faire polémique