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MMM/PMSD/PTR : Le silence, par honte ou crainte…

Samedi 25 juillet : c’est la date d’union entre trois partis politique qui ont un destin commun : deux défaites sanglantes consécutives lors des dernières législatives. Un adversaire de taille en commun : Pravind Jugnauth, le leader du MSM. Et comme dit l’adage jamais deux sans trois, ils comptent en commun beaucoup – ô que oui – plus que beaucoup de die-hards mécontents. Et le nombre grandissent de jour en jour.

D’ailleurs, du côté des Rouges, l’indéfendable Navinchandra Ramgoolam avec ses boulets, entre autres les coffres-forts, ne fait pas l’unanimité avec ce mariage qui aromatise déjà la scène politique avec un divorce à la va-vite. D’ailleurs, c’est colère et stupéfaction qui ont suivi cette annonce parmi plusieurs membres de l’exécutif du Parti travailliste.

Le point de discorde demeure le nombre de tickets restreints qui leurs seront alloués lors des prochaines élections municipales avec cette nouvelle configuration d’alliance. Certains membres trouvent que les mauves, voire les bleues font du surplace et craignent également un éventuel rapprochement avec Roshi Bhadain.

En ce qu’il s’agit du MMM de Paul Bérenger, — l’éternel « Plus fort que jamais » on assiste régulièrement à des démissions de ses proches collaborateurs lors de cette dernière décennie — la situation est tumultueuse. On s’attardera pas sur l’épisode d’Azor Adelaïde, mais plutôt sur le non-respect de Paul Bérenger de ses fidèles membres. C’est un secret de polichinelle qu’au sein du MMM, la règle d’or veut que les décisions ne sont prises qu’au niveau du bureau politique. Or, en ce qu’il s’agit d’alliance avec le PMSD et le PTr, Paul Bérenger, en tant que leader, a jugé qu’il est le seul décideur. L’avis des membres du bureau politique est-il si important après tout ?

Quel manque de respect de la part de « The One Man Show », Paul Bérenger ! De quoi avait-il peur ? Que ses fidèles lieutenants et membres objectent à ce « carri melanze ». Effectivement, tel est le cas ! Ils sont nombreux à exprimer leur mécontentement. « Paul fine fauté, sans consulté nou li fine alle fer enn alliance ek deux partis ki pas plus tard qui quelque temps de cela li même li ti pé critiqué. Aster là, li pe vine dire nou marche ek zot la main dans la main. Abbey kot nou dignité été. Pas fine écrire couillon lors nou front, » avait balancé un membre influent du bureau politique Mauve.

En tout cas, la frustration gangrène ce parti et la base du MMM n’a pas tardé à réagir : « Que Paul Bérenger juge que ce n’est plus nécessaire de consulter les militants désormais surtout quand il s’agit de se jeter dans les bras de Ramgoolam. » Ce sentiment de frustration ira en grandissant affirme plusieurs cadres du parti qui craignent de nouvelles défections.

Leçon à retirer de Paul Bérenger : Voilà l’homme qui prêche pour l’égalité, lui qui ne se croit l’égal de personne.

Ça caquette également dans la basse-cour bleue. Malgré leur faible représentation sur l’échelle politique, les partisans du PMSD n’accueillent pas l’idée de « marche ansam ek travailliste ek MMM ». Il craignent même que certains élus murissent l’idée de rejoindre le parti soleil en signe de sanction du choix de Xavier Duval de partager le même plate-forme avec leur éternel ennemi Mauve. « Xavier fine mange ça couleuvre-là parseki li konné ki zordi zour PMSD pas vaut grand chose lors terrain. Mais enn zaffaire ki bann partisans PMSD pas envie perdi, c’est zot dignité… parseki dignité pena prix ça, » nous a laissé entendre un élu du PMSD.

Que ce soit Ramgoolam, Bérenger ou autre Duval, ils sont bien au courant du mécontentement de leur entourage respectif. Mais les trois ont communément choisi la carte du silence. Est-ce que c’est une situation qui reflète à jamais leur dégringolade dans l’arène politique qui est synonyme d’une honte vis-à-vis de leur mandant. Ou c’est par crainte de finir dans la poubelle de l’Histoire.

Reprenons les paroles d’Ahmad Seegoulam, membre exécutif et ancien conseiller municipal, qui a démissionné de toutes les instances du Ptr : « Areté fair bef travay pou ki dinozor manzé… » On est tenté de lui donner raison devant ce « carri melanze » sans saveur ni cotomili, qui ne sied finalement qu’à trois pauvres bougres qui rêvent de bâtir des châteaux en Espagne.

MMM/PMSD/PTR : Le silence, par honte ou crainte…