[Opinion] Covid-19: une épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes! 
La distance sociale n’y est guère respectée. L’anarchie y est à son comble.
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[Opinion] Covid-19: une épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes! 

Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, en dépit de sa position d’être en confinement de soi, s’est adressé à la nation, vendredi 10 avril pour annoncer que le couvre-feu national ait été reconduit au lundi 4 mai. Cela relève d’une décision politique,  découlant du Cabinet, siégeant le même jour, qu’on peut qualifier de louable et sage en vue de permettre au pays d’endiguer la coronavirus (Covid-19) et de mettre au pas de puissants lobbyistes qui voulaient une reprise des activités économiques à brève échéance. “La santé de la population importe le plus”, a renchéri Pravind Jugnauth,. 

Ainsi, au sommet de l’Etat, nos décideurs sont pleinement conscients du prix à payer sur le plan économique pour un 2e prolongement du confinement. Mais, la réalité du terrain dans plusieurs régions du pays, tant dans les villes que les villages suscite un sentiment de dégoût, de révolte, d’indignation. Le comportement de certains laisse à désirer. On n’a qu’à mentionner deux exemples: la situation à Triolet, une gros village dans le nord du pays et la capitale, Port-Louis en ce lundi 12 avril. A Port-Louis, les principales artères, rue Desforges, Route de Pamplemousses, rue Pope Hennessy, rue Labourdonnais, rue La Poudrière… sont caractérisées par des un flot de trafic routier intense, provoquant par moment des embouteillages. 

A Triolet, c’est le folklore au quotidien. La route principale longeant Solitude jusqu’à 9e Mile, s’étendant sur une distance de plus de 4 km, est bondée de véhicules, voitures, vans, motocyclettes, mobylettes…Chacun vaque à ses occupations. La distance sociale n’y est guère respectée. L’anarchie y est à son comble. “Kuma dire pli fasil fer bourik manze lazle ki fer Morisien kompran!”, comme on l’aurait-dit crûment en créole. Comment expliquer qu’en plein confinement, on a enregistré deux ou trois accidents fatals sur nos routes?

Point de présence policière sur les routes pour faire respecter de manière rigoureuse, les consignes du couvre-feu sanitaire.

Point de présence policière sur les routes pour faire respecter de manière rigoureuse, les consignes du couvre-feu sanitaire. Exception faite aux supermarchés, où un effectif policier s’attèle à la tâche pour faire respecter le protocole sanitaire. Dépassées par les évènements, voire par  les tordus de notre société malade et les têtes brûlées, certains policiers ayant l’esprit faible et souffrant de manque de conviction et d’engagement, cèdent la place au relâchement.

Nombreux sont de Mauriciens qui font fi aux consignes du couvre-feu national, plusieurs centaines de fois répétées, par les principaux membres du National Communication Committee (NCC), à commencer par le Premier ministre lui-même, le ministre de la Santé, Dr Kailesh Jagutpal, le directeur des Services de la Santé, Dr Vasantrao Gujadhur, le ministre du Tourisme, Joe Lesjongard ou encore le Dr Zouberr Joomaye.

 “Le ‘peak’ est tributaire du comportement de la population” :  cette réponse  du Dr Jagutpal, à une question de la presse:est lourde de sens. Ses propos contiennent des non-dits. Si les citoyens se montrent responsables et respectent le protocole mis en place pour endiguer ce virus,  tout ira pour le mieux.

N’en parlons pas du Dr Gujadhur qui se trouve, également, en isolement de soi depuis mardi 7 avril. Dès le départ, à force de crier. à force de faire des remontrances à de citoyens qui ne veulent rien comprendre, on a l’impression que le directeur des Services de Santé crie dans le désert. 

«Une partie des Mauriciens prend encore toujours le Covid-19 comme une blague comme je peux le constater à travers les médias sociaux. Je me sens concerné et je suis très inquiet. Quand je vois ce que je vois, je me demande si nous sommes vraiment dans une période de confinement et de couvre-feu sanitaire ? », se demande le Dr Gujadhur, à un quotidien, hier. C’est avec raison qu’il s’interroge si toutes ces personnes disposent d’un work access permit pour circuler aussi librement sur nos routes.

A ce jour, le pays compte 324 cas positifs, neuf décès et 42 cas de guérison. Un tel bilan ne nous permet nullement de nous enorgueillir sur nos lauriers. Ces chiffres nous interpellent à rester vigilants. Le danger d’une recrudescence de Covid-19 est omniprésent. Ce redoutable virus invisible et mortel rôde dans les parages. Nous ne voulons pas nous retrouver face à une situation comme Singapour avec une résurgence de cas après un semblant d’accalmie.

Cette pandémie a fait tant des ravages dans le monde avec un lourd bilan: 1,9 million cas testés positifs et 119, 090 morts à ce jour. Cela avec les Etats-Unis qui se classe en tête du peloton avec 583, 463 cas positifs et 23 463 morts.

Pour terminer deux petites question: voudrions agir en tant que responsables ou irresponsables? Au cas, où certains persistent à agir en irresponsables, nous nous attendrons au pire. 

La pandémie constituera une épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes! Nous risquons de nous retrouver face à une situation, identique à “l’île des morts” à New York, où on enterre les victimes du coronavirus par centaines…

[Opinion] Covid-19: une épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes!