[Opinion] Les divagations de Paul Bérenger
Certains propos du leader du MMM, Paul Bérenger lors de sa conférence de presse hebdomadaire, samedi dernier, ont choqué plus d’un.
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[Opinion] Les divagations de Paul Bérenger

Certains propos du leader du MMM, Paul Bérenger lors de sa conférence de presse hebdomadaire, samedi dernier, ont choqué plus d’un. “Perte d’emploi ek fermeture d’entreprise pa ena droit licencier ditout? Zot a pe pouss a la faillite. Naturelman nou souhaite pena perte d’emploi. Zot pe pouss dimoun à la faillite. Sa ki capav tini pe tini enkor”, a lancé le leader du MMM. Franchement, nous ne comprenons pas une telle prise de position de la part du leader des Mauves. Ses propos sont lourds de sens.

Il est explicite que Bérenger est en train de reprocher au gouvernement d’avoir tout fait pour soutenir les entreprises et préserver l’emploi en cours de la pandémie de Covid-19.

Comme quoi, le gouvernement aurait dû laisser pourrir la situation: donner les coudées franches aux entreprises, confrontées aux difficultés de mettre la clé sous le paillasson et jeter des milliers d’employés sur le pavé. Si on suit la logique de Bérenger, le gouvernement n’aurait pas dû faire voter le Covid-19 Act, en apportant des amendements à plusieurs législations, dont la Worker’s Right Act pour préserver l’emploi et interdire aux licenciements lors de la crise sanitaire.

En conséquence de la pandémie, le gouvernment a préconisé des mesures fortes pour protéger l’emploi et assurer la survie des entreprises. Le ministre des Finances avait laissé entendre que le pays risquait de se retrouver avec 100 000 chômeurs en décembre 2020. En dépit de ces mesures économiques et sociales, Maurice s’est retrouvé avec 62 000 chômeurs à la fin de 2020. Dites-nous, combien de chômeurs aurions-nous eu sur les bras si le gouvernement sous la férule de Pravind Jugnauth n’avait pas pris des mesures, comme énumérées, ci-dessous.

Compte tenu de la pandémie de Covid-19, le government a alloué Rs 180 milliards pour soutenir l’économie et l’emploi. “Des efforts et des ressources sans précédent sont déployés conformément à la philosophie de ce gouvernement pour favoriser la justice sociale, une croissance inclusive et réduire les inégalités de revenus”, a soutenu Renganaden Padayachy. À ce jour, plus de 450 000 ont bénéficié les régimes du  Wage Assistance Scheme (WAS) et du Self-Employed Assistance Scheme (SEAS), a-t-il indiqué.

Il faut dire qu’en marge du Budget 2020-2021,  le ministre Padayachy a préconisé un Plan de relance de Rs 100 milliards en vue d’assurer la protection et la création d’emploi. Il l’a réitéré lors de l’atelier de travail sur le thème Broadening employment opportunities in the post-Covid era, à Ebène, le 15 septembre dernier.

S’agissant de l’emploi post-Covid-19, le ministre des Finances a annoncé que Rs 40 milliards sont mobilisées directement/indirectement à la rescousse du Tourisme en péril.

De ce fait, il est souligné que les salaires de quelque 40 000 employés, engagés dans le secteur touristique sont payés par le gouvernement. Le gouvernement assure, également, les baux des hôtels au coût de Rs 500 M pour la période de 2020-2021.  Rs 12 milliards ont été consacrées pour assurer les salaires de 450 000 personnes dans l’industrie manufacturière et sous le Wage Assistance Scheme (WAS).

On fait remarquer que la Banque de Maurice a déboursé Rs 900 M sous le DBM Support Scheme.  S’ajoute à cela, la Mauritius Investment Corporation (MIC) et les incitations fiscales fortes. En tout et pour tout, Rs 20 milliards ont été allouées directement et indirectement aux entreprises et secteurs en activités.  Tout pour dire que le gouvernement de l’Alians Morisien a été historique. Faute de quoi, des milliers d’employés allaient se retrouver sur le pavé.

Le comble est que Paul Bérenger trouve toujours à en redire. Fidèle à son habitude, Paul Bérenger est en train de divaguer. Il est en déphasage avec certaines réalités du pays. Chasser le naturel, il revient toujours au galop! Paul Bérenger a toujours été un grand défenseur du secteur privé. Qui ne se souvient pas des Rs 57 M, accordées à l’industrie sucrière en 1982, tout de suite après le gouvernment de 60-0? Qui ne se souvient pas d’Illovo Deal, où en l’espace de 24 heures, un arpent de terrain ( “prime land”) est passé de Rs 43 000 à Rs 123 000, à l’époque que Paul Bérenger était aux Finances ( 2000 – 2003). Patrick Assirvaden du Ptr se posait la question: « Qui a bénéficié le pactole de Rs 6 milliards ? Jusqu’aujourd’hui, on n’a jamais eu la réponse.

Bérenger n’a pas changé. Outre de réclamer à maintes reprises de rouvrir les frontières, d’écourter la quarantaine, Paul Bérenger vient accuser le gouvernement de pousser des entreprises à la faillite. Il trouve anormal que le gouvernement ait apporté des amendements pour interdire au patronat de licencier.

Que veut-il qu’on retourne à l’époque de l’ère du Ptr en 2008, où des amendements avaient été apportés à la loi du travail en vue de permettre au patronat de “hire and fire”  les services d’un employé? 

Paul Bérenger doit savoir que la donne a changée. Aujourd’hui, c’est l’Alians Morisien qui dirige le pays. Ainsi, il nous a fallu dix ans pour que le gouvernment de Pravind Jugnauth et avec Soodesh Callichurn en tant que ministre du Travail apportent des amendements à la loi du Travail et rétablir les salariés de ce pays dans leurs droits.

Plus que jamais, Bérenger doit réfléchir à deux fois avant de dire n’importe quoi. Il demeure un perpétuel pessimiste.

[Opinion] Les divagations de Paul Bérenger