Pacte de Marrakech: un objectif visant à sauver des vies
Le pacte vise à rendre les périples migratoires moins dangereux, « sauver des vies »
Monde

Pacte de Marrakech: un objectif visant à sauver des vies

Un texte international sur les migrations, approuvé formellement lundi 10 décembre à Marrakech (Maroc), suscite de nombreuses incompréhensions. 159 pays sur 193 ont voté pour l’adoption de ce pacte mercredi 19 décembre. Pourquoi ce pacte mondial pour des migrations sûres a suscité tant de controverse. Il est d’abord important de connaître ce qu’il contient et ce que les autres redoutent.

Qu’est-ce qui a été approuvé à Marrakech ?

Le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières a été ratifié le 19 décembre(hier)lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Un document de 41 pages qui fixe 23 objectifs afin d’améliorer la coopération en matière de migrations internationales », accompagnés de mécanismes de suivi des mesures à toutes les étapes soit:

  • 1.mieux connaître les flux au moyen de collectes de données précises ;
  • 2. en amont, lutter contre les « facteurs négatifs et les problèmes structurels » qui poussent les individus à quitter leur pays ;
  • 3 . rendre plus accessibles les filières légales de migration, fournir des preuves d’identité à chacun, « veiller à l’invariabilité et à la prévisibilité des procédures migratoires » ;
  • 4. rendre les périples migratoires moins dangereux, « sauver des vies » par une action internationale coordonnée,
  • 5.  lutter contre les passeurs et la traite des personnes ;
  • 6. mieux gérer les frontières, limiter le recours à la rétention administrative, renforcer la coopération consulaire ;
  • 7. une fois les migrants arrivés dans un pays, leur assurer des services de base, les moyens de s’intégrer, reconnaître leurs qualifications et éliminer toutes les discriminations ;
  • 8. permettre aux migrants de contribuer au développement de leur pays d’origine, simplifier les envois de fonds, faciliter leur retour en assurant la portabilité de leurs droits.

Pourquoi un controverse..

  • 1. « d’être un préalable à un afflux massif de réfugiés » : à aucun moment le texte n’oblige un pays à ouvrir ses frontières ou ne formule de quotas de migrations obligatoires.
  • 2. « de mettre en place une censure de la presse » .Le pacte invite à « promouvoir une information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet » et à « cesser de subventionner les médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse » ;
  • 3. « d’organiser le remplacement des travailleurs » : pour certains responsables d’extrême droite. Le pacte recommande le « remplacement des Européens par des migrants » et favorise l’arrivée de travailleurs immigrés « payés un euro l’heure ». Le texte dit justement l’inverse, puisqu’il appelle à faciliter l’accès des migrants à un travail décent et à l’économie formelle
159 sur 193 votent pour

159 pays sur 193 étaient représentés pour l’adoption de ce pacte, qui avait été approuvé en juillet 2018 à New York par l’ensemble des membres de l’ONU, à l’exception notable des Etats-Unis. Donald Trump s’était en effet retiré dès décembre 2017 de l’élaboration de ce texte, contraire à sa politique d’immigration et à sa volonté de s’éloigner de toute gouvernance mondiale. Neuf autres pays se sont retirés du processus : Autriche, Australie, Chili, République tchèque, République dominicaine, Hongrie, Lettonie, Pologne et Slovaquie.

(source le monde.fr)

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