Le salaire minimum n'a pas provoqué la chute de l’entreprise !
1 300 travailleurs se sont retrouvés dans la rue après avoir sué sang et eau pendant des décennies pour Palmar Ltée.
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Le salaire minimum n’a pas provoqué la chute de l’entreprise !

Le cas de ces 1 300 employés interpelle et ne peut laisser insensible. Au-delà de la motivation de Thierry Lagesse qui semble avoir laissé tomber ceux-là mêmes qui ont sué sang et eau pour faire tourner à plein régime « ses » machines, il n’en demeure pas moins vrai que les employés sont victimes de lois rétrogrades, qu’il faut absolument revoir, pour éviter d’autres Palmar Ltd.

Pourquoi pas des législations pour renforcer la position de l’employé dans le cas de mise sous administration judiciaire de l’entreprise, comme la saisie des biens personnels, à titre d’exemple ? Car c’est bien trop simple — se basant sur les lois actuelles — de se faire une fortune sur le dos de l’employé et de mettre la clé sous le paillasson après de s’être bien rempli les poches à la sueur des travailleurs et à partir de là passer des beaux jours derrière des coupes vins couteux.

Parce que si on en est arrivé là, c’est que quelque part quelqu’un n’a pas bien fait son travail. Et il sera difficile, d’accuser les 1 300 employés de ne pas avoir fait les leurs. A qui donc attribuer la faute si ce n’est que ceux qui administraient et donnaient des ordres ?

La réplique du gouvernement…

Le député Zouberr Joomaye, un des porte-parole du gouvernement, qui a animé la conférence de presse du gouvernement, s’est montré critique à l’égard de Thierry Lagesse, grand patron de Palmar Ltée, placée sous Receivership et dans laquelle 1 300 employés, dont 400 Bangladais se sont retrouvés sur le pavé.

Palmar Ltée : « Non, le salaire minimum n'a pas provoqué la chute de l’entreprise !»
Selon Zouberr Joomaye, la situation de Palmar Ltd découle d’une mauvaise administration.

«Dans une interview de presse, publiée mercredi 6 mars, Thierry Lagesse allègue que ‘le coup de massue est venu de l’introduction du salaire minimum. Venir dire que le salaire minimum a provoqué la chute de l’entreprise est malhonnête de sa part », a martelé Zouberr Joomaye. Selon lui, la situation de Palmar Ltd découle d’une mauvaise administration.

Il a argué que l’introduction du salaire minimum constitue une «mesure historique» qui est venue alléger le fardeau des salariés au bas de l’échelle.

Le porte-parole du gouvernement a soutenu que le gouvernement se montre solidaire de ces 1 300 employés licenciés.

Les dettes de Palmar sont de Rs 600 millions. Selon nos renseignements, la banque s’apprêterait à saisir les biens de Thierry Lagesse, qu’il a mis comme garantie, se chiffrant à plus de 450 millions. Mis à part, les facilités de Workfare Programme auxquels les employés licenciés peuvent avoir recours et le plan de redéploiement dans d’autres entreprises du textile, il est établi que les compensations devant être payées à ceux-ci s’élèvent à Rs 62 millions. Un homme d’affaires de la trempe de Thierry Lagesse devrait trouver cette somme pour indemniser ses employés.

Il semblerait que ce n’est pas la première fois que Thierry Lagesse laisse pourrir une telle situation au sein de ses entreprises.

Pour en revenir à Palmar Ltée, on fait remarquer que le gouvernement a pu trouver un plan de redéploiement pour les employés licenciés, ainsi que de les encourager d’intégrer le Workfare Programme, moyennant un certain pourcentage des salaires qui leur sera payé pendant une certaine période ( douze mois, ndlr).

1 300 travailleurs se sont retrouvés dans la rue après avoir sué sang et eau pendant des décennies pour Palmar Ltée.

Les employés licenciés ne veulent rien entendre. «Paye nou nou compensasyon. Nou finn fer 25 ans, 30, 35 ans dan sa lisine la. Donn nou nou compensasyon avant vinn koze redployement ek Workfare programme are nou»,  insiste un porte-parole des employés. Alors, qui devrait payer une indemnité? Quand une entreprise ferme-t-elle à cause de la mauvaise gestion et de la cupidité des propriétaires? Gouvernement c’est-à-dire contribuables?

En vertu des lois du pays, il est stipulé que lorsqu’une entreprise se retrouve en Receivership, les créanciers figurent en premier sur la liste des gens à être payés.

Le salaire minimum n’a pas provoqué la chute de l’entreprise !