Revue politique: partielle au no 7 et débats budgétaires sur fond de campagne électorale
La teneur des débats budgétaires des deux côtés de la Chambre ont pris un air de campagne électorale, voire mis le feu aux poudres, à tel point que les points saillants du Budget 2019-2020 semblent être relégués au second plan.
Politique

Revue politique: partielle au no 7 et débats budgétaires sur fond de campagne électorale

Les semaines passent et se ressemblent. Cette semaine encore, l’actualité politique a été dominée de nouveau par des spéculations par rapport à l’identité du candidat du MSM et des autres partis politiques traditionnels à l’élection partielle au no 7 (Piton/Rivière-du-Rempart), fixée au 13 novembre. La teneur des débats budgétaires des deux côtés de la Chambre ont pris un air de campagne électorale, voire mis le feu aux poudres, à tel point que les points saillants du Budget 2019-2020 semblent être relégués au second plan.

L’identité du candidat du MSM à l’élection partielle prévue au no 7 sera dévoilée lors d’un rassemblement, à Rivière-du-Rempart, le vendredi 5 juillet. «A ce stade, il est quasiment très difficile de divulguer le nom d’un éventuel candidat à cette partielle au no 7. Nous ne sommes pas pressés pour le faire, d’autant plus que le Premier ministre est pris avec le Budget 2019-2020, les débats budgétaires, le Summing-up, ainsi que le Committee of Supply à l’Assemblée nationale», a affirmé les milieux proches du Premier ministre.

Selon d’autres recoupements, il nous revient que le nom cité jusqu’ici, en l’occurrence celui du Dr Yasheel Auchojee ne serait nullement le choix arrêté par le MSM. Il y aurait d’autres aspirants candidats qui seraient mieux cotés pour briguer les suffrages à l’élection partielle. Le Nomination Day étant fixé le 17 août.

« Prophète de malheur »

La Cour Suprême rend légitime la nomination de SAJ comme ministre Mentor
sir Anerood Jugnauth, ministre Mentor, s’en est pris directement à Paul Bérenger en le qualifiant de « prophète de malheur »

Chez les Rouges, le choix d’un candidat à ce scrutin devrait être arrêté lors d’une réunion du BP du PTr, cette semaine. Mais jusqu’ici rien n’a été décidé.

La presse parle du MSM et MMM  qui seraient «à couteaux tirés.» Mais, dans les faits, chacun se critique mutuellement, tant au Parlement que par conférence de presse interposée.

« Nous n’avons pas eu affaire à des discours de Budget, mais à des interventions qui ressemblent à celles des meetings publics», s’est insurgé Paul Bérenger,  lors de sa conférence de presse hebdomadaire, samedi 22 juin. « Dégoûtante et révoltante », a-t-il ajouté.

Le lendemain, sir Anerood Jugnauth, ministre Mentor, s’en est pris directement à Paul Bérenger en le qualifiant de « prophète de malheur ». Il a tenu à preciser que c’est la dernière fois qu’il est intervenu lors des débats budgétaires, vu qu’il se retirera de la vie politique à la fin du mandat du présent gouvernement.

Du coup, il en a profité pour régler des comptes avec le leader de l’opposition et du PMSD,  Xavier-Luc Duval, celui du Ptr et ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, ex-Premier ministre et leader du PTr.

« Nous n’avons pas eu affaire à des discours de Budget, mais à des interventions qui ressemblent à celles des meetings publics», s’est insurgé Paul Bérenger,

Dans son Summing-up sur le Budget 2019-2020, Pravind Jugnauth  a réglé ses comptes avec l’opposition parlementaire et extra-parlementaire.

«Positions à géométrie variable»

S’agissant de la lutte contre la corruption, le Premier ministre a répliqué le leader du MMM : «Paul Bérenger et  son parti se présentent comme un rempart contre la corruption et de temps en temps tentent de faire la leçon aux autres sur ce sujet. Mais allons voir dans les faits les positions à géométrie variable qu’adopte le MMM sur la corruption. Paul  Bérenger était le premier à qualifier le Super Cash Back Gold de la BAI de ‘ponzi scheme’. C’était lorsqu’il avait posé une PNQ au ministre des Finances en novembre 2013, en l’occurrence Xavier Luc Duval. Mais, la moralité version mauve a voulu que le même MMM empoche  Rs 10 millions de la BAI de Dawood Rawat pour les élections générales de 2014 au moment où c’était le grand amour entre le Ptr et le MMM.» «Ce même MMM ne s’était pas embarrassé à présenter Ashock Jugnauth comme candidat à trois reprises après que ce dernier fut trouvé coupable à la fois par la Cour Suprême et le Conseil Privé pour ‘electoral bribery’», a-t-il ajouté.

Outre le cas de  Bidianand Jhurry en tant que président du SILWF en 2005 qui avait été écroué pour «making use of office for gratification whilst being a public official» en vertu du Prevention of Corruption Act , Pravond Jugnauth a insisté : «Voilà, comment le MMM combat la corruption! Le peuple a pris bonne note.»

«Minimiser le scandale Betamax»

«L’honorable Uteem est allé jusqu’à minimiser le scandale Betamax. Quelle honte!», s’est insurgé Pravind Jugnauth

Selon lui, le MMM n’en finit pas d’étonner la population pour ne pas dire la décevoir. «L’honorable Uteem est allé jusqu’à minimiser le scandale Betamax. Quelle honte! Surtout quand on sait à quel point la Cour Suprême a été sévère dans son jugement dans cette affaire», s’est insurgé Pravind Jugnauth. Cela avant d’ajouter : «Alors que certains prévoyaient déjà que l’Etat devrait dédommager Betamax, la compagnie de Vikram Bhunjun,  beau-frère de l’ancien ministre travailliste, Rajesh Jeetah,  à  hauteur de 4,5 milliards de roupies pour rupture de contrat, la Cour Suprême de Maurice a refroidi les ardeurs de ces mêmes personnes.»

Par ailleurs, Pravind Jugnauth a tourné le couteau dans la plaie: «Lorsque j’entends le leader du MMM parler de démocratie, je ne peux m’empêcher de rire un bon coup. Dans quelle démocratie a-t-on vu un leader de l’Opposition (Paul Bérenger, ndlr) comploter avec un Premier ministre (Navin Ramgoolam, ndlr) pour fermer le Parlement pendant neuf mois».

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