Revue politique: rejet du Political and Financing Bill
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Revue politique: rejet du Political and Financing Bill

L’actualité politique, cette semaine, a été du moins maigre. La fièvre des 10èmes Jeux de Iles qui a gagné en intensité s’est répandue à travers le pays. Cela d’autant plus qu’avec la flamme des jeux qui a parcouru plus de 350 régions du pays, tant à Maurice qu’à Rodrigues, de forts sentiments d’émotion ont été ressentis chez des citoyens. Une trêve politique s’est avérée nécessaire jusqu’à la clôture des JIOI le 28 juillet.

En revanche, le rejet du projet de loi sur le Financement des Partis politiques ( “Political and Financing Bill”) par manque de majorité de ¾ au Parlement a fait bouillonner la marmite politique.

Le Political Financing Bill et le Constitution (Amendment) Bill n’ont pas passé l’étape de la troisième lecture, dans la soirée de mardi 16 juillet, au Parlement. Au décompte des voix, la majorité a obtenu 44 votes sur un total de 68 députés. Du côté de l’opposition, 20 ont voté contre, il y a eu une abstention (Danielle Selvon) et trois députés étaient absents de l’hémicycle.

Parlement: l’Immigration (Amendment) Bill voté aux petites heures ce matin
«Les membres de l’opposition n’ont aucun argument. Ils ont montré leur mauvaise foi et ont avancé des excuses »,  a martelé Pravind Jugnauth dans son summing-up.

«Les membres de l’opposition n’ont aucun argument. Ils ont montré leur mauvaise foi et ont avancé des excuses »,  a martelé Pravind Jugnauth dans son summing-up sur ce projet de loi. Selon les dires de Pravind Jugnauth, les députés de la majorité ont avancé plusieurs raisons sur le Political Financing Bill pour qu’il soit adopté.

Transparence

Toutefois, il s’est dit déçu que les députés de l’opposition se soient prononcés contre ce projet de loi. Pravind Jugnauth a argué qu’avec une telle loi, il y aurait eu plus de transparence dans le financement des partis politiques.

Effectivement, le leader de l’Opposition, Xavier-Luc Duval a argué sur la nécessité d’instituer un Select Committee. « Le PMSD ne votera pas en faveur du Financing of Political Party Bill sous sa forme actuelle », a prevenu XLD. Son parti ne compte pas non plus voter en faveur du Constitution (Amendment) Bill, a-t-il indiqué.

Le leader de l’Opposition, Xavier-Luc Duval a argué sur la nécessité d’instituer un Select Committee

Tout en concédant qu’il y a «de bonnes choses dans la loi actuelle», il a insisté que «quelques aspects sont inacceptables.» Le leader du MMM, Paul Bérenger s’est aligné à la position du leader de l’Opposition, réclamant un Select Committee. Il a souhaité que les partis de l’opposition, dont le Ptr et le PMSD ne votent pas ce projet de loi.

«Le comble est que ce projet de loi est totalement différent de celui qui avait été circulé en novembre 2018, cela surtout sur deux points : (i) inclusion d’une dose de financement des partis par l’Etat et (ii) les noms des contributeurs du secteur privé ne devraient pas être rendus publics», a déploré Paul Bérenger. «Or, c’est tout le contraire qui est en train d’être proposé dans la forme actuelle du projet de loi. C’est une tentative de mainmise dangereuse sur les partis politiques. L’attitude des partis au pouvoir tente de faire peur au secteur privé», a-t-il ajouté.

Select Committee

Idem du côté du Ptr, le député, Arvin Boolell s’est aligné sur la demande du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, réclamant l’institution d’un Select Committee.

Ritesh Ramful: «Le gouvernement n’arrive même pas à se convaincre sur ce projet de loi.»

De son côté, Ritesh Ramful, député du Ptr, a estimé que « Le DPM, Ivan Collendavelloo, a tenté de nous convaincre. Mais au final, ses arguments n’étaient pas suffisants pour me convaincre. Le gouvernement n’arrive même pas à se convaincre sur ce projet de loi. En un mandat, il a présenté une ébauche en 2018 et un texte de loi différent de qu’il avait proposé l’année dernière .»

Le chef du gouvernement a rétorqué au député du Parti travailliste, Ritesh Ramful : « Il  s’est dit offusquer que nous ayons pris deux ans pour présenter ce projet de loi, cela alors que son parti était au pouvoir pendant presque dix ans et n’a même pas présenté une ébauche.»

S’agissant du Select Committee que réclament le MMM) et le PMSD, Pravind Jugnauth a fustigé leur prise de position: «À aucun moment, le MMM et le PMSD n’avaient évoqué un Select Committee lorsqu’ils réclamaient un tel projet de loi. C’est maintenant qu’ils évoquent cela. Qui plus est, le MMM propose que le Political Financing Bill soit adopté après les élections générales, mais je m’abstiendrai de tout commentaire ».

State Funding

Pour ce qui est du State Funding aux partis politiques, Pravind Jugnauth a dit avoir noté un changement dans les propos d’Alan Ganoo, président Mouvement Patriotique (MP) Alan Ganoo qui, dans un premier temps, s’était prononcé contre, dans une deuxième temps, il s’est ravisé. « La majorité de la population est contre que l’argent des contribuables soit utilisé pour financer les partis politiques», a-t-il concédé.

Le leaderd u MMM, Paul Bérenger s’est interrogé sur le division of votes pour le projet de loi Political Financing Bill

Pravind Jugnauth a déploré qu’il est «totalement incorrect» que certaines personnes veulent créer une perception que l’alliance MSM/ML ait une main mise. «C’est une mauvaise perception, car la loi sera appliquée pour tous les partis politiques»,  a-t-il dit.

Pravind Jugnauth a exprimé sa « tristesse » que les députés de l’opposition n’ont pas voté ce projet de loi. «Le MMM a lutté pendant des années pour un tel projet de loi. C’est une occasion ratée pour ceux qui ne voteront pas», a conclu Pravind Jugnauth dans son summing-up.

À l’issue de ce vote, le leader du MMM, Paul Bérenger a tenu un point de presse au cours duquel, il a formulé des critiques contre le Premier ministre et la speaker. Il s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles, Pravind Jugnauth a réclamé une «division of votes», alors que celui-ci savait  bien qu’une majorité de trois quarts s’avérait nécessaire pour que ces deux projets de loi soient adoptés.

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