Sattar Hajee Abdoula: “Nous ne voulons pas qu’Air Mauritius aille en liquidation..."
 “Nous ne voulons pas qu’Air Mauritius aille en liquidation, mais toujours est-il que cette option demeure une éventualité”: c’est la réponse donnée par Sattar Hajee Abdoula, un des deux administrateurs de la compagnie nationale d’aviation à une question de la presse.
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Sattar Hajee Abdoula: “Nous ne voulons pas qu’Air Mauritius aille en liquidation…”

 “Nous ne voulons pas qu’Air Mauritius aille en liquidation, mais toujours est-il que cette option demeure une éventualité”: c’est la réponse donnée par Sattar Hajee Abdoula, un des deux administrateurs de la compagnie nationale d’aviation à une question de la presse. “Si liquidation il y a, elle sera sévère”, a-t-il concédé. C’était lors d’une conférence de presse, à Ebène, ce lundi 1er juin.

 A la question de savoir s’il envisage de faire une demande de ballon d’oxygène à la Mauritius Investment Corporation (MIC), une nouvelle entité mise en place par la Banque de Maurice (BOM) et dotée d’un fonds de Rs 80 milliards ( 2 milliards US$) en vue de venir en aide aux compagnies, confrontées à des difficultés financières, il a répondu par la négative: “Non, notre but est de remettre Air Mauritius dans une meilleure situation. Il est important pour nous d’avoir une compagnie viable. Or, à ce jour, nous sommes dans l’incertitude. Nou pa kone a kot nou ete.” Il a soutenu que la situation dans laquelle se trouve Air Mauritius est “très grave.”

Rappelant que voici six semaines qu’il agit en tant qu’administrateur avec son collègue, Arvindsingh Gokhooll, Sattar hajee Abdoula a confirmé qu’une extension jusqu’à la fin de novembre 2020 leur a été accordée par la cour en vue de trouver une solution. “La cour a compris que 70 jours ne sont pas suffisants. De ce fait, nous aurons l’occasion d’avoir une ‘watershed meeting’, selon les provisions légales”, a-t-il dit.

Créanciers

Dans cette perspective, il dit que les administrateurs se retrouvent en face de trois options (i) amener les créanciers à prendre en considération les propositions des administrateurs par rapport aux dettes? “Cela devra être décidé par une majorité de 70% des créanciers (…) Il n’est guère impossible que les créanciers soient d’accords”, a-t-il dit; (ii) retourner la compagnie d’Air Mauritius dans son état actuel aux directeurs et (iii) la liquidation.

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iSattar Hajee Abdoula a répliqué: “Zot dir charier cargo. Mo bann avion bizin charier passagers. Nou pas capav pran caisses met lor sofa.”

Compte tenu de la gravité de la situation, Sattar Hajee Abdoula a maintenu que les parties prenantes de MK auront “deux choix, soit accepter les propositions des administrateurs, soit la liquidation.”

S’agissant les “gros problèmes”, auxquels est confronté Air Mauritius, Sattar Hajee Abdoula a affirmé qu’ils portent sur quatre champs: (1) dix avions sur leasing qui reviennent à Rs 250 millions mensuellement, “laquelle somme nous n’en n’avons pas”; (2) une enveloppe salariale de Rs 4 milliards/an, soit Rs 90 millions/semaine ou Rs 350 millions/mois; (3) contrat de maintenance garanti. “Les avions volent ou pas, on doit payer”; (4) créanciers. “De cette listes, les créanciers comme sont les moins importants pour moi. Je n’ai  aucune raison d’avoir des pourparler avec les créanciers. Je perds de mon temps et ils perdent les leurs aussi”, a affirmé l’administrateur.

S’agissant de la maintenance, Sattar Hajee Abdoula a encore insisté: “Avec une flotte de 15 avions, nous avons plusieurs catégories de maintenance, divers types de techniciens. Nous sommes appelés à revoir nos destinations. Il nous faut voir, où aller. Il y a une équipe qui se penche dessus. S’ajoute à cela une équipe de conseillers légaux.”

“Nou pa pou trier pou fer saki bizin fer”

L’administrateur a soutenu que son role est d’établir un équilibre entre les employés et les créanciers. Arguant qu’Air Mauritius a de tout temps pu honorer ses dettes, il a fait remarquer qu’il travaille dans le but de préserver le maximum d’emplois. “Je tiens à rassurer les employés que je paierai les salaires de juin”, a-t-il dit.

Face à ceux qui lui disent de transporter des cargos, il a répliqué: “Zot dir charier cargo. Mo bann avion bizin charier passagers. Nou pas capav pran caisses met lor sofa.”

Abordant le départ à la retraite de 135 employés,comptant 400 semaines + pension, la semaine dernière Sattar Hajee Abdoula a expliqué: “Nou finn zot tout ale indistinctement. Nou pa pou trier pou fer saki bizin fer”

Dans ce contexte, il a consenti de devoir aller au Redundancy Board et préparer un plan de restructuration. “La raison pour laquelle, nous devrons avoir recours au Redundancy Board est que le temps joue contre nous. Nous n’avons pas beaucoup d’argent en banque”, a déclaré Sattar Hajee Abdoula.

“204 types d’Allowances”

Il a dit avoir été explicite envers les “lessors”. “J’ai fait comprendre aux lessors de nous faire des propositions viables. Faute de quoi, ils n’ont qu’à reprendre leurs avions. Il est inconcevable que nous payons ces prix. Au cas, j’accepte tout ce que demandent les employés, les lessors sont mécontents”

Pour ce qui est de son appel aux syndicats pour en “donner un coup de main”, l’administrateur s’est plaint de leur intransigeance: “Tout dimoun dir oui pou donn enn coup de main,mais zot dir ki apre janvier 2021 tout bizin revinn parey. Se sa mesaz syndicats”

Le vrai problème avec les employés, a indiqué l’administrateur: “En sus du meal allowance et transport allowance qui sont compréhensibles, les employés comptent 204 types d’Allowances, dont certaines garantissant le travail le dimanche ou pas, jour férié ou pas… Il faut payer. Il y a certains CEO qui ont ajouté d’autres allowanaces. Une des décisions à prendre est de réduire Rs 1 milliard d’Allowances à Rs 200 millions” Aussi, il a maintenu que la décision d’acheter six avions était bonne à une époque, mais elle n’est pas bonne dans la conjoncture actuelle.

En revanche, Sattar Hajee Abdoula a argué de faire voler Air Mauritius avec les moyens de bord disponibles. En marge du watershed meeting, il a maintenu de bien se préparer. Dans l’éventualité d’une liquidation, laquelle option “devient de plus en plus visible”, il a dit travailler avec un liquidateur indien.

Sattar Hajee Abdoula: “Nous ne voulons pas qu’Air Mauritius aille en liquidation…”