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SOS aux Mauriciens : faites plus de bébés!

Le ministre de la Santé Anwar Husnoo, avait lancé un appel aux jeunes l’an dernier, celui d’avoir plus d’enfants. Cette demande semble être tombée dans l’oreille de sourds car selon le rapport de ‘Population & Vital Statistics’ de Statistics Mauritius, publié en juillet dernier, le nombre de naissances a subi une baisse, comparativement à l’an dernier.
Le nombre de naissances enregistrées au cours du premier semestre de 2018 s’élevait à 6 501, contre 6 810 à la même période de l’année dernière. Par conséquent, ce résultat se reflète sur les institutions académiques. En effet, toujours selon les données de Statistics Mauritius sur l’Éducation, on remarque une baisse dans les admissions des élèves, collégiens et étudiants depuis 2014 au niveau du pré-primaire, primaire et même au tertiaire.
Les chiffres montrent effectivement que le nombre d’étudiants sont en nette regression dans le circuit scolaire au fil des années.

2014 2015 2016 2017 2018
Pré-Primaire 30,142 29,832 28,866 27,276 26 183
Primaire 105,300 101,422 97,300 92,989 89,642
Secondaire 124,630 124,971 121,655 119,629  116,958
Tertiaire 50,608 48,970 48,089 48,007 pas encore valable

Pourquoi ce manque d’intérêt à faire des enfants et comment y remédier?

Comment y remédier? Faites des bébés et le tour est joué! Mais la réalité est toute autre. Les couples de nos jours veulent de moins en moins d’enfants dans leur foyer. L’accent est mis davantage sur la carrière professionnelle plutôt que la vie sociale et familiale. Avoir des enfants impliquent aussi beaucoup de responsabilités que les jeunes ne veulent pas porter sur leurs épaules. Ils préfèrent nettement profiter de la vie. Ce phénomène est une tendance internationale.
Soondress Sawmynaden, le président de l’Association des recteurs des Collèges d’état et Dharam Gokhool, ancien ministre de l’éducation font le point sur cette situation et estiment que «c’est alarmant» et « très grave» et qu’il faudrait au plus vite trouver une formule pour sensibiliser les couples à faire plus d’enfants.
«Le problème est que les temps ont changé, les jeunes couples de nos jours préfèrent vivre en concubinage. Ils ne veulent pas construire un foyer étant focalisés sur leur carrière et donc sont toujours occupés et fatigués. Auparavant on vivait dans une «extended family» et donc les grands-parents pouvaient garder les enfants en l’absence des parents», explique Soondress Sawmynaden. Le recteur ajoute qu’il faut aussi prendre en considération que beaucoup de jeunes préfèrent poursuivre leurs études supérieurs à l’étranger et ne restent pas au pays. «Si zot pe fer piti oussi, zot pou dan lot pays pas dan moris». Voilà en gros pourquoi ce sont les institutions académiques qui en font les frais.

 «mettre en place un comité de spécialistes pour étudier ce qui est fait dans les autres pays»

Dharam Gokhool pense que le gouvernement doit prendre plus au sérieux ce problème car l’avenir du pays en dépend. «L’avenir de nos jeunes doit être pris plus au sérieux. Ce problème remonte au niveau mondial. Il est urgent de faire une étude et mettre en place un comité de spécialistes pour étudier ce qui est fait dans les autres pays et d’essayer de reproduire cela à Maurice. De nouvelles lois ont été amendés dans les pays étrangers pour justement encourager les couples à faire plus d’enfants. Par exemple, prolonger le ‘Paternity leave’ afin de permettre aux parents de se partager les responsabilités et passer ainsi plus de temps en famille.»
SOS aux Mauriciens : faites plus de bébés!