Un Budget de la relance et d'équilibre
Le Budget 2020-2021, intitulé Notre Nouvelle Normalité : L’Économie de la Vie, a été présenté dans des circonstances exceptionnelles, voire inédites, à l’Assemblée Nationale, hier, jeudi 4 juin, par le Grand Argentier, Renganaden Padayachy.
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Un Budget de la relance et d’équilibre

Le Budget 2020-2021, intitulé Notre Nouvelle Normalité : L’Économie de la Vie, a été présenté dans des circonstances exceptionnelles, voire inédites, à l’Assemblée Nationale, hier, jeudi 4 juin, par le Grand Argentier, Renganaden Padayachy. Ce budget qui s’inscrit dans une perspective prioritaire de relever l’économie et le social, ainsi que d’établir un équilibre s’articule sur trois grands axes: (i) déploiement d’un plan de relance de l’investissement et de l’économie; (ii) s’engager dans des réformes structurelles et (iii) assurer un développement durable et inclusif. 

Outre la protection des milliers d’emplois et d’assurer les moyens de subsistance de milliers de petites entreprises, une dotation de Rs 100 milliards est préconisé au Plan de Relance de l’Investissement et de l’Economie. Une telle mesure permettra de: (i) booster le secteur de la construction ; (ii) revenir à l’essentiel en investissant dans une agriculture raisonnée ; (iii) reconstruire le tissu manufacturier local ; (iv) soutenir le tourisme ; (v) diversifier et approfondir la chaîne de valeur de l’économie océanique, (vii) protéger les moyens de subsistance des PME, entre autres.. L’industrie de la construction, étant considéré comme le “poumon” de la relance, une enveloppe de Rs 12 milliards sera consacrée à la construction de 12 000 logements sociaux à travers le pays;  Rs 7,5 milliards seront injectés dans le barrage de Rivière des Anguilles; Rs 6 milliards sont prévues pour les principaux terminaux de bus le long du corridor Port Louis – Curepipe; Rs 5,2 milliards pour la construction de nouvelles routes et de nouveaux ponts; Rs 5 milliards pour la 2ème phase du Metro Express entre Rose Hill et Curepipe, pour ne citer que ceux-là. 

Rs 62 milliards d’investissements

Plusieurs projets au coût de Rs 62 milliards d’investissements sont actuellement à l’étude au niveau de l’EDB.  S’agissant des projets gouvernementaux, un montant maximum de 300 millions de roupies sera payé aux dans un délai plus court de 28 jours au lieu de 56 jours actuellement en vigueur. A cet effet, la Construction Industry Development Board (CIDB) Act sera amendée afin de revoir le mécanisme de notation des contracteurs.

“En stimulant la construction, nous avons la volonté et de ce fait, nous nous donnons les moyens, de promouvoir l’expertise locale, de favoriser l’apport des entreprises nationales et de faire en sorte que les emplois créés puissent être occupés par des Mauriciens”, précise Renganaden Padayachy. 

Pour ce qui est de l’agriculture, l’accent est mis sur le “retour à l’essentiel.” Le  plan de relance porte sur la nécessité d’optimiser l’autosuffisance, cela d’autant plus qu’il faut tirer des leçons de Covid-19.

“Nous avons aujourd’hui les moyens, la terre et les compétences nécessaires pour devenir plus indépendants en matière d’approvisionnement alimentaire”, affirme le ministre des Fin. A cet effet, un National Agri-Food Development Programme sera mis en place en vue de promouvoir le concept “de la ferme à la table”. 

Land Bank of State and Private Agricultural Land

De même, une banque digitale centralisée, la Land Bank of State and Private Agricultural Land, sera instituée sous Landscope Mauritius Ltd et sera accessible au public. Sur approbation de Landscope Mauritius Ltd, un petit planteur, ayant jusqu’à 10 arpents de terres agricoles, sera autorisé à convertir jusqu’à 10 % de ses terres à des fins résidentielles ou commerciales. 

A ce jour, mention est faite de quelque 20 000 arpents de terres abandonnées, lesquels seront listés sur la plate-forme pour une utilisation immédiate. Landscope Mauritius Ltd aura comme attributions d’acquérir, avec le soutien de la State Investment Corporation (SIC), des terrains agricoles privés.

“ Nous apporterons également un soutien technique supplémentaire aux petits planteurs pour leur permettre de participer pleinement au National Agri-Food Development Programme. 

Le secteur manufacturier étant un pilier de l’économie, tout sera fait pour le faire fructifier. “Nous allons favoriser le “Buy Mauritian”, une politique qui plébiscite la création d’entreprises et le développement industriel”, a affirmé le ministre Padayachy. Le gouvernement s’engage, également, à promulguer le cadre légal approprié et imposer, lorsque c’est nécessaire, des quotas afin de protéger et promouvoir le “Made in Mauritius”. 

Ce budget vise à soutenir le secteur du tourisme. “L’industrie du tourisme s’est brusquement arrêtée. Pour relancer le processus de reprise d’activités dans cette industrie, le Gouvernement prendra les mesures suivantes. Un protocole sera établi pour garantir que toutes les précautions sanitaires soient respectées de l’arrivée jusqu’au départ. De plus, pour maintenir la compétitivité de l’industrie : (a) Une aide sera accordée à notre transporteur national. (b) La MTPA et l’Economic Development Board (EDB) élaboreront une nouvelle stratégie de marque…”, énumère-t-il. Cela sans compter,. un partenariat commercial avec le Liverpool Football Club (LFC) pour la promotion de la destination Maurice, à partir de septembre 2020.  

Plan d’action du GAFI

S’agissant des enjeux auxquels est confronté le secteur des services financiers, notamment des réformes fondamentales, le ministre Padayachy maintient que “la priorité absolue est de continuer à s’assurer que notre juridiction est en accord avec les normes et pratiques internationales recommandées.” Pour ce qui est du Plan d’action du GAFI, le Gouvernement s’est engagé à mener à bien toutes les 5 recommandations restantes pour Maurice d’ici septembre 2020. Afin de se conformer à ces 5 recommandations, plusieurs mesures seront prises, dont la présentation d’un nouveaux projet de loi AML/CFT (Miscellaneous Provisions) Bill sera présenté au Parlement pour compléter le cadre légal existant et la mise en place d’un tribunal dédié et spécialisé, la Financial Offences Court. Aussi, la diversification du secteur financier est préconisé. 

L’accent est mis sur le potentiel de l’économie océanique. Pour développer l’industrie de la pêche, la Mauritius Investment Corporation (MIC) investira dans des joint ventures engagées dans des activités de pêche et dans toute la chaine de valeur. Un Inland Aquaculture Scheme sera introduit et assorti des mesures d’incitation suivantes: (a) Un congé fiscal de 8 ans ; et (b) L’exonération des droits et de la TVA sur les équipements. L’allocation journalière de mauvais temps attribuée aux pêcheurs passera de 365 roupies à 425 roupies. 

La MIC prévoit un montant de Rs 10 milliards pour des projets africains, incluant des projets entre gouvernements relatifs aux zones économiques spéciales (ZES). Ce budget encourage l’esprit d’entreprise et la diffusion des idées. “Notre reprise économique et la croissance qui s’y attache seront toutes deux fondées sur un engagement fort en faveur d’une économie et d’une société inclusives. Une économie qui soutient l’esprit d’entreprise, la créativité et les idées”, dit-il. 

Rs 10 milliards aux PME

 Les PME ne sont pas négligées. La DBM a fait provision de Rs 10 milliards pour soutenir les PME et les coopératives en difficulté. La DBM accordera des prêts d’un montant maximum de Rs 10 millions par entreprise à un taux d’intérêt préférentiel de 0,5 % par an. Dans la même optique, la DBM accordera  des facilités de prêt aux opérateurs de taxi basés dans des hôtels. 

Pour ce qui est de l’axe des réformes structurelles, le Grand Argenti a soutenu que “le statu quo n’est plus une option.” En conséquence de la crise de Covid-19, l’accent est mis sur un système de pension durable. “Nous ne sommes plus dans une ère de croissance sans fin. A cela s’ajoute le poids démographique, avec une population vieillissante et décroissante, qui rend notre système de pension non viable sur le long terme comme souligné par plusieurs institutions internationales”,  soutient Renganaden Padayachy. “Nous proposons une réforme de la pension qui soit juste, équitable et durable pour notre économie”, dit-il.

Alors que la Basic Retirement Pension (BRP) de Rs 9 000/mois à tous les individus âgés de plus de 60 ans est maintenu, mais toutes les augmentations des prestations pour nos seniors seront versées par le biais d’un mécanisme entièrement nouveau. “Nous introduisons un système contributif, participatif et collectif, la Contribution Sociale Généralisée (CSG). Cela permettra d’assurer un revenu mensuel garanti supplémentaire aux citoyens ayant atteint l’âge normal de la retraite, soit 65 ans. Le premier paiement effectué des prestations de la CSG sera versé en juillet 2023”, déclare le ministre des Finances.

Il soutient qu’à travers ce nouveau système effectif à partir du 1er septembre 2020, les employés percevant une rémunération jusqu’à Rs 50 000 par mois contribueront à hauteur de 1,5 % du salaire mensuel, alors que les employeurs contribueront à hauteur de 3%. 170. Pour les employés percevant plus de Rs 50 000 roupies par mois, la contribution sera de 3% du salaire mensuel pour les employés et de 6% pour les employeurs.  Ce nouveau système inclura également les travailleurs indépendants. 

Rs 100 milliards au développement durable

Par conséquent, la contribution au NPF est supprimée, tout en continuant à garantir le paiement des prestations à chacun de ceux qui ont précédemment contribué au NPF. “Nous abolissions donc le NPF qui est non seulement insoutenable mais aussi injuste et régressif”, a soutenu le ministre Padayachy. 

Pour ce qui est du 3ème axe qui consiste à assurer un développement durable et inclusif qui préserve un tissu social solide, des provisions sont faites pour que Rs 100 milliards dans ce budget.  Les “Assises de l’environnement”, lancées en décembre 2019, ont appelé à une accélération de la transition écologique. “Une transition vers un pays plus propre, plus vert, durable, à faibles émissions et résistant au climat”, déclare le ministre des Finances. Pour financer la mise en œuvre des actions identifiées, le gouvernement se proposons de transférer Rs 2 milliards au National Environment Fund (NEF) par le biais d’une estimation des dépenses supplémentaires au cours de cet exercice. 

Un Supplementary Appropriation Bill pour couvrir les dépenses exceptionnelles liées à la pandémie du Covid-19 sera présenté au Parlement. Des investissements importants seront réalisés pour atténuer l’impact du changement climatique. Rs 314 millions de roupies sont prévues pour poursuivre les travaux de stabilisation des glissements de terrain sur les routes. Rs 215 millions de roupies seront utilisées pour la protection des plages, des lagons et des récifs coralliens

Par ailleurs, le gouvernement a consenti à ne pas augmenter la TVA,mais à baisser le gaz m▬nager par Rs 30. Ainsi, la bonbonne de 12 kg passe désormais à Rs 180 au lieu de Rs 210.

Un Budget de la relance et d’équilibre