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[Vidéo] Marée noire à l’île Maurice: le Premier ministre répond aux questions de l’AFP

Alors que le bateau échoué près de l’île Maurice risque de se briser à tout moment, il reste une centaine de tonnes d’hydrocarbures à bord. C’est ce qu’on peut lire dans un article publié sur le website de huffingtonpost.fr sur la situation de MV Wakashio. D’ailleurs, Pravind Jugnauth par le biais d’une vidéo répond aux questions de l’équipe AFP.

Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, l’a annoncé ce mercredi 12 août: la majeure partie des hydrocarbures renfermés dans les réservoirs du vraquier échoué le long des côtes a pu être pompé, dissipant ainsi la crainte d’une seconde marée noire de grande envergure.

« Tout le fioul a été pompé des réservoirs » du bateau échoué fin juillet sur un récif près de la côte sud-est de l’île et à l’origine d’une pollution aux hydrocarbures, a annoncé mercredi à la presse le Premier ministre.

Des prévisions météorologiques inquiétantes

« C’était une course contre la montre et je salue le travail formidable abattu pour éviter une nouvelle marée noire », a ajouté le Premier ministre, précisant que sur les quelque 4000 tonnes d’hydrocarbures transportées par le navire, il ne restait qu’une centaine de tonnes à bord, dans la cale notamment.

« Les experts pensent que le bateau à un certain moment va se briser. D’après les prévisions météorologiques, on s’attend à un temps qui va vraiment se détériorer et à des vagues houleuses à partir du samedi 15 août. On ne sait pas exactement combien de jours ça va durer. Mais disons que l’on s’attend au pire », a-t-il précisé, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus.

Depuis la fin de la semaine dernière, des équipes d’intervention s’affairaient sur le bateau, notamment avec l’aide d’un hélicoptère, pour pomper les hydrocarbures encore présents dans les réservoirs.

La tâche a été compliquée par des conditions météorologiques un temps défavorables et par le fait que le navire menaçait de se briser en deux à tout moment, la fissure dans la coque s’élargissant de jour en jour.

Une météo plus clémente a permis aux équipes d’intervention d’accélérer le pompage “et cela a aussi évité la cassure du bateau, mais cette cassure est inévitable”, a précisé le Premier ministre.

Au total, le MV Wakashio, appartenant à un armateur japonais, transportait 3800 tonnes de fioul et 200 tonnes de diesel.Il a heurté le 25 juillet un récif à Pointe d’Esny, mais le fioul n’a commencé à s’échapper de ses flancs éventrés que la semaine dernière.

Selon le Premier ministre, « environ 800 tonnes ont été déversées dans la mer » pour atteindre les côtes de l’île Maurice. L’armateur japonais avait fait état d’environ 1000 tonnes. Sur l’ensemble des hydrocarbures échappés du bateau, les équipes de dépollution sont parvenues jusqu’à présent à collecter 570 tonnes, dans la baie et sur la côte.

De nombreux volontaires aident au travail de dépollution

La pollution a provoqué un élan de solidarité impressionnant au sein de la population de 1,3 million d’habitants de cet archipel de l’océan Indien. Des milliers d’entre eux sont à pied d’œuvre depuis plusieurs jours pour enlever les hydrocarbures et tenter de contenir la pollution en confectionnant et déployant dans l’eau des boudins flottants.

Les volontaires ont ignoré les appels du gouvernement à rester à l’écart et ont mis toute leur énergie à fabriquer de quoi préserver au mieux cette côte auparavant immaculée et sur laquelle se trouvent deux sites naturels protégés par la convention Ramsar sur les zones humides. Des cheveux humains ont été cousus pour former des filets absorbants, des coiffeurs sur la plage offrant une coupe gratuite aux personnes consentantes.

« C’était bien de se retrouver parmi tous ces Mauriciens, d’être impliqué aussi comme un seul peuple. C’est notre île, c’est notre maison, c’est notre patrimoine, c’est grâce à ça que beaucoup de Mauriciens vivent », a témoigné pour l’AFP Natty Gong, un volontaire, chanteur de profession.

Ce travail de dépollution, auquel est associé la marine française, se poursuivra dans les semaines à venir. Tout comme l’enquête, qui vient de débuter, et devra notamment déterminer pourquoi le navire qui faisait route depuis la Chine vers le Brésil s’est retrouvé si près des côtes de l’île Maurice.

Le capitaine, de nationalité indienne, et des membres de l’équipage ont été interrogés par la police mardi et le capitaine était de nouveau longuement questionné mercredi, selon une source proche de l’enquête. La catastrophe a suscité une colère sourde au sein de la population, certains Mauriciens se demandant pourquoi les opérations de pompage n’avaient pas débuté plus tôt, aussitôt que le navire s’est échoué.

Le Premier ministre s’est défendu mercredi de toute négligence, affirmant que les experts consultés par le gouvernement jugeaient faibles les risques d’une fuite d’hydrocarbures dans un premier temps. « On ne pouvait pas pomper dès le départ, car la mer était mauvaise. Il fallait aussi stabiliser le bateau », a-t-il mis en avant. « C’est malheureux qu’un réservoir ait fuité. Mais je ne vois pas le besoin de présenter des excuses », a-t-il ajouté.

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